Les maladies sensibles au climat gagnent du terrain

Publié le par Camille

Les maladies sensibles au climat gagnent du terrain

 

L’excellente émission Living on Earth recevait, le 11 avril dernier, Jeffrey Demain, fondateur et directeur actuel de l’Alaska Allergy, Asthma and Immunology Center, situé à Anchorage. Demain est inquiet. Il a observé une hausse significative des maladies causées par les allergies dans cette partie du monde. Qu’est-ce qui explique cette hausse? Pour lui, il ne fait aucun doute qu’elle est due aux changements climatiques.



Le phénomène va bien au-delà des allergies et est observé partout dans le monde. L’Organisation mondiale de la santé (OMS) a fait du problème des maladies sensibles au climat le thème de la Journée mondiale de la Santé 2008 [Protéger la santé face au changement climatique]. Pour l’OMS, « le changement climatique (sic) s’accompagne de risques croissants pour la sécurité sanitaire internationale. » (Changement climatique et santé. Rapport du Secrétariat.)

De plus en plus de pollen

Revenons à l’Alaska où l’on observe une intensification des cycles de pollen, tant en quantité de pollen que dans la durée de ces cycles. Le cycle du pollen des arbres s’étend sur trois semaines de plus qu’il y a quelques années à peine, même chose pour le cycle du pollen de l’herbe [grass pollen], selon les données recueillies par Jeffrey Demain et son équipe.

Pour lui, la guêpe de l’est (Yellow Jacket) ou sphex est aussi un bon indicateur des changements qui se produisent en Alaska. Pratiquement inexistantes au début des années 1990, les épisodes de traitement en urgence des allergies dues aux piqûres de cet insecte ont augmenté à plus de 178 par année dans la région de Fairbanks, et leur nombre s’accroît aussi ailleurs dans le plus nordique des états américains.

Au-delà de l’Alaska

Pour Demain, le phénomène est loin d’être limité dans l’espace :

There’s very, very, very good evidence that we’re seeing dramatic increases in malaria, dengue fever, viral encephalitis throughout the world, even as a close as Mexico and South America. And these are directly impacted by climate change.

Déjà problématique dans un pays riche comme le sont les États-Unis, l’accroissement des maladies sensibles au climat est catastrophique dans les pays pauvres car ils n’ont pas les moyens d’y faire face.

L’accélération des changements climatiques aura des effets négatifs non seulement par l’augmentation des inondations, sécheresses, orages violents et autres fléaux naturels d’origine climatique, mais aussi par la hausse des maladies venant de la pollution de l’air, des allergies, des affections respiratoires, des germes pathogènes, des vecteurs tels les rongeurs...

Selon l’OMS, les « zones de forte endémicité des maladies climato-dépendantes » sont particulièrement vulnérables. L’OMS donne comme exemple de maladies sensibles au climat que l’on retrouve dans ces zones les maladies diarrhéiques (1,9 million de décès par année) et le paludisme (0,9 million de décès par année).

Les populations les plus à risque vivent dans les petits pays insulaires, les régions de montagne, les zones exposées au stress hydrique (inondations et sécheresses), les mégalopoles et les régions côtières des pays en développement, en particulier les plus pauvres et ceux vivant là où les services de santé sont déficients.

C’est le cas de certains pays africains « qui ont une forte charge de morbidité pour les maladies sensibles au climat [sans avoir] de services de santé publique suffisants pour y faire face ».

Agir vite et à l’unisson

Comment faire face à cette tragédie annoncée ? Par des stratégies d’atténuation des changements climatiques [par exemple la réduction des gaz à effet de serre] et des mesures d’adaptation [ajustement des systèmes naturels ou humains aux stimuli climatiques] à ces changements, répond l’OMS.

Il faudra cependant que les diverses instances de l’ONU se parlent. Par exemple, l’OMS avertit que la production et le transport de denrées alimentaires, et en particulier la production de viande rouge dans les pays développés, sont de grands générateurs de gaz à effet de serre. Il faudra cependant que les diverses instances de l’ONU se parlent.

Par exemple, l’OMS avertit que la production et le transport de denrées alimentaires, en particulier la production de viande rouge dans les pays développés, sont de grands générateurs de gaz à effet de serre. Une alternative existe : consommer des produits locaux moins générateurs de gaz à effet de serre, tels les fruits, les légumes, les légumineuses et les céréales.

Non seulement cela contribuerait à atténuer les changements climatiques, mais en plus cela ferait baisser les risques de maladies cardio-vasculaires, d’accidents vasculaires cérébraux, d’hypertension, d’obésité et de diabète.

Or, l’Organisation mondiale du commerce veut libéraliser encore plus le commerce mondial et déjà, les importations nuisent aux producteurs locaux dans les pays en voie de développement.

Comprenne qui pourra.


Michel Monette


http://www.naturavox.fr/article.php3?id_article=3720

Publié dans PRESSE ET MEDIAS 2

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