on ne vous dit pas tout

Publié le par Camille

 

 

Les récents scandales du Prozac (Eli Lilly), Deroxat (GlaxoSmithKline), Vioxx (Merck), Celebrex (Pfizer) sont tous liés à des études cliniques dissimulées par les fabricants car ils montraient des effets secondaires alarmants et mettaient en cause la sécurité et l’efficacité des médicaments.

Ce n’est pas l’existence en soi d’effets secondaires qui pose problème, car tous les médicaments sont évalués en fonction de leur rapport bénéfice-risque. C’est plutôt leur découverte tardive ou, pire, que des études cliniques les mettant en évidence aient été cachées aux autorités sanitaires et au public, qui suscitent une crise de confiance croissante.

Ces scandales à répétition témoignent d’une crise profonde, celle du modèle d’une industrie qui repose sur les blockbusters, ces molécules au chiffre d’affaires de plus de 1 milliard de dollars par an, et destinés à des millions de patients.

 

Blockbuster et dépendance

 

Cette focalisation sur les blockbusters mobilise la majeure partie des fonds consacrés par les firmes à la recherche et au développement (R & D) et les incite à se faire concurrence sur les mêmes classes thérapeutiques ou les mêmes pathologies lucratives. Devenues ultradépendantes de quelques molécules stars, nombre d’entreprises du secteur sont acculées. Elles finissent par survendre des innovations discutables (comme Vioxx et Celebrex), par multiplier les "me too !", ces médicaments équivalents à ceux des concurrents, ou à dissimuler des études cliniques gênantes par crainte de torpiller leurs ventes.

La course aux blockbusters n’est que la conséquence d’une logique économique à laquelle l’industrie pharmaceutique n’échappe pas. Les grands labos comptent 2 à 3 fois plus de visiteurs médicaux que de chercheurs. Les orientations de la R & D finissent par être en décalage avec les besoins de santé publique. Les maladies spécifiques aux pays du Sud sont ignorées. On vise plutôt des pathologies du Nord, chroniques et massives, comme le prouve l’effervescence autour d’une molécule prometteuse de Sanofi-Aventis, le rimonabant, censé lutter contre... l’obésité.

 

L’autorisation de mise sur le marché (AMM) sur la sellette

 

Les essais cliniques fournis par les laboratoires pour obtenir l’AMM ne disent pas tout. D��abord parce qu’ils sont réalisés sur un échantillon de population sélectionnée - et qu’il existe un fossé entre ces données "artificielles" et celles de la vraie vie. Ensuite parce que les laboratoires sont susceptibles de cacher les essais qui fournissent des éléments défavorables, et enfin parce que l’indépendance des experts des agences de médicaments chargés de donner le feu vert à la commercialisation de nouveaux produits peut être sujette à caution.

De plus comme l’affirme Bruno Toussaint, directeur de la rédaction de la revue Prescrire, indépendante de l’industrie pharmaceutique : "Pour obtenir l’AMM, il n’est pas demandé au laboratoire de prouver que le médicament représente un progrès thérapeutique par rapport aux médicaments existants. Sinon, on n’aurait pas accordé l’AMM au Vioxx. Dès la fin de l’année 2000, des études montraient que le Vioxx augmentait le risque cardio-vasculaire. Au lieu de réunir une commission, on agit avec retard comme si on ne voulait pas gêner la firme".

 

Sources

 

"Les labos face à leurs mauvais traitements" par Florent Latrive pour le journal Libération (03/01/05).

"La spirale des pilules miracles" par Florent Latrive pour le journal Libération (03/01/05).

" Les suspicions s’accroissent sur les autorisations des médicaments" par Paul Benkimoun et Sandrine Blanchard pour le jounal Le Monde (20.12.04)

 

Références

 

-  "Nouveau scandale dénoncé par la FDA sur Paxil et Avandamet : Ca va mal pour le géant pharmaceutique GSK ... sauf pour son président !"

-  "Procès Distilbène : La justice condamne UCB Pharma"

-  "Médicaments anticholestérol Cholstat et Staltor : Un rapport explosif accuse Bayer"

-  "3 années de retard pour retirer le Vioxx"

-  "Lobby pharmaceutique : le Crestor sur la sellette"

-  "La ville de New York poursuit le géant pharmaceutique GlaxoSmithKline"

 

Bibliographie

 

"Savoirs et pouvoir, pour une nouvelle politique de la recherche et du médicament" - Auteurs : Debré B. et Even P. - Éditeur : Le Cherche Midi (2004).

"Le grand secret de l’industrie pharmaceutique" - Auteur : Philippe Pignarre - Éditeur : La Découverte (2003).

 

Liens

 

La revue Prescrire : http://www.prescrire.org/

 

http://www.stopvivisection.info/article.php3?id_article=95

Publié dans SCANDALES SANITARES

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michellejulien 12/04/2008 00:47

Bonsoir Camille,

je vois que tu t'intéresses aux mêmes thèmes que moi: industrie pharmaceutique, vivisection, médicaments, essais cliniques, etc. Je te présente mon blog: http://testeurs-medicaments.over-blog.com/

je l'ai créé pour parler de mon livre tout juste sortie: zéro censure, aucune réécriture et manip d'éditeurs en mal de sensationnalisme racoleur pour appâter les journalistes (je me comprends)


au plaisir de revenir sur ton blog

Michelle

Camille 12/04/2008 21:57


MERCI MICHELLE POUR TON PASSAGE ET INTERET POUR MON BLOG. IL Y A TELLEMENT DE CHOSES A APPRENDRE ET QUE NOUS IGNORONS IL Y A VRAIMENT DE QUOI FAIRE! je ne manquerais pas d'aller voir ton blog merci
beaucoup.