Autres mythes judeo-chrétiens (récits apocryphes, judaïsme)

Publié le par Camille

 
Lucifer était un ange, qui se révolta contre Dieu. Chez les juifs, il est celui qui refusa de reconnaître l'homme en tant que sommet de la création de Dieu, et passe son temps à le tenter pour démontrer à Dieu le contraire. Chez les chrétiens, il est carrément plus maléfique que ça (et il a plus de grandeur aussi, ce n'est pas juste un rigolo qui se paie la tête de Dieu comme dans le Livre de Job) puisqu'il a commis le péché de vouloir s'égaler à Dieu. Il fut, avec ses alliés, vaincu, transformé en démon et projeté aux enfers, et il y torture éternellement les humains mauvais.
Lilith était la première femme d'Adam, que Dieu avait façonné à partir de la terre, comme lui. Mais elle refusa de lui être soumise, elle voulait être son égale, aussi Dieu la chassa, et créa pour Adam Eve, à partir d'une de ses côtes.
Mais Lilith, bien qu'étant maudite par Dieu, resta immortelle, puisqu'elle n'avait pas mangé le fruit de l'arbre de la connaissance avec Adam et Eve. Les théories sur ce qu'elle a pu devenir sont nombreuses. Certains disent qu'elle se réfugia dans le désert, où elle engendre tous les jours des démons, d'autres lui donnet la forme d'un serpent et disent qu'elle mange els enfants au berceau. Selon une autre théorie, elle descendit en enfer et devint la femme de Lucifer. On la représente souvent (quand elle n'est pas un serpent) sous les traits d'une femme ailée aux longs cheveux.
Les musulmans sonr les héritiers spirituels des judeo-chrétiens, tout comme les chrétiens eux-mêmes sont les héritiers spirituels des juifs. Leur dieu est le même, leurs ancêtres sont les mêmes, leurs anges sont les mêmes, et d'ailleurs Jésus est dans le Coran, non pas en tant que fils de Dieu mais en tant qu'avant-dernier prophète qui doit annoncer la venue du dernier, Mahomet. C'est parce qu'il y a pas mal de points communs avec les autres grands monothéismes que j'en parle dans le même chapitre, même si j'en connais beaucoup moins...
Il est dit dans le Coran que Dieu créa les anges avec de la lumière, les djinns avec du feu et les hommes avec de la poussière. Ces créatures sont donc intermédiaires entre les humains et les anges. Les djinns sont invisibles aux homes sauf quand ils veulent êtres vus. Ils peuvent être bons ou mauvais ; quand ils sont mauvais on les appelle démons. Ils sont sexués, se reproduisent et meurent, mais ils n'ont besoin ni de manger ni de dormir.
Certains disent que chez les musulmans, Satan est un djinn, qui par sa beauté et son intelligence était devenu l'ami des anges, mais qui se révolta contre Dieu quand il apprit qu'il avait l'intention de mettre les hommes, créature si imparfaite, au centre de sa création. Les autres disent que c'est un ange déchu, comme tout le monde :-)
 
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L'origine du sabbat
L'institution du sabbat (mot dont la racine en hébreu signifie "cesser") est au centre de la vie religieuse juive. Du vendredi au crépuscule au samedi à la nuit tombée, tout acte de création ou de fabrication est interdit. Cette fête rappelle que Dieu créa le monde en six jours et que le septième il se reposa (Genèse II, 2-3). Ce jour est consacré à la prière. La pratique du sabbat prescrite dans le Décalogue fut instituée par Moïse, mais son application serait plus ancienne. Les prescriptions du sabbat dans la Torah restant dans le vague, mais le Talmud a developpé des commentaires oraux apportant des précisions sur les activités prohibées (interdiction d'utiliser un moyen de locomotion, d'allumer ou d'éteindre une lumière, etc.).
Le premier soir, la maîtresse de maison allume des cierges ou une lampe dans les foyers. Le jour de sabbat se compose de trois repas accompagnés chaque fois d'une prière de sanctification récitée autour d'une coupe de vin, de la lecture de la péricope (section, paragraphe, groupe de versets) hebdomadaire de la Torah et, enfin, les parents bénissent les enfants. On assiste aussi à un office à la synagogue. La fin du sabbat est marquée par des cérémonies parallèles appelées havdalah. Ces rites domestiques sont repris à l'occasion des fêtes.
La pratique du sabbat
Si la permanence du sabbat est évidente, sa pratique a subi une constante accentuation au cours de l'histoire d'Israël. Son observance devint, en effet, de plus en plus stricte. Non seulement le travail était interdit, mais aussi toute tâche domestique. Cette rigueur s'amplifia au point d'entraîner d'étonnants comportements, tel celui des Maccabées en campagne, qui se laissèrent tuer sur place plutôt que d'enfreindre le respect du sabbat. Les esséniens, également, l'observaient en toute rigueur. Ainsi, dans toute période où les Israélites craignent la contamination étrangère et païenne, l'observation du sabbat se renforce et devient l'un des symboles de leur identité.
L'attitude subversive de Jésus
Jésus n'a pas aboli le sabbat, il l'a replacé dans un projet de vie. Ce jour-là, il se rend à la synagogue et y annonce la Parole de Dieu. Il dénonce, cependant, le légalisme outrancier qui accompagne l'observance du sabbat. Ce dernier devient alors un en-soi qui vaut pour lui-même, et la matérialité du geste inhibe l'observant. C'est pourquoi, là encore, Jésus défend l'urgente priorité de la charité, du secours à porter au prochain, sur la pratique matérielle d'un commandement. D'où la fameuse réplique, passée en proverbe, que Jésus fait à ses détracteurs: "Le sabbat est fait pour l'homme et non l'homme pour le sabbat".
Sabbat et sorcellerie
Dans leur antijudaïsme, les populations chrétienne du Moyen Âge donnèrent le nom de sabbat aux réunions de sorciers et de sorcières. On était ainsi persuadé que certains jours, à minuit précis, les sorciers et les sorcières s'assemblaient dans un endroit isolé pour invoquer le diable et commettre toutes sortes d'actes abominables. Satan se rendait présent aux assistants, qui se livraient à d'épouvantables orgies accompagnées de sacrifices d'enfants. De surcroît, les sorciers et les sorcières jetaient des sorts à ceux ou celles qui n'adoraient pas le démon. Si la justice parvenait à s'emparer d'eux, les participants à ces cérémonies étaient torturés et mis à mort, en général sur le bûcher.
L'Église et les autorités temporelles se sont souvent servies de l'accusation de sorcellerie pour se débarrasser de personnalités gênantes, comme Jeanne d'Arc ou Urbain Grandier (affaire des possédées de Loudun, en 1634).
Les sacrements
La notion de sacrement est une notion théologique propre aux différentes confessions chrétiennes et non pas un concept qui relève du vocabulaire des sciences des religions.
Le mot sacrement est la traduction du terme latin sacramentum, qui désignait notamment un certain serment militaire qu'accompagnait parfois une cérémonie au caractère symbolique. Ce mot, pris dans ce sens, est appliqué, par analogie, au baptême par Tertullien (IIe-IIIe siècle); il a, en outre, hérité d'un autre sens, dans la mesure où il servit à traduire le terme grec mysterion. D'où la double valence du terme sacramentum, qui renvoie désormais à un serment, c'est-à-dire à l'acte d'initiation au moyen d'un signe déterminé, et à un mystère religieux, c'est-à-dire à un signe sacré se rapportant à une réalité cachée.
Chez tous les Pères de l'Église on retrouve ces deux composantes. Primitivement, le terme de sacrement a été appliqué au baptême et à l'eucharistie. Avec saint Augustin, la notion de sacrement s'est précisée: le sacrement devient le signe visible d'une réalité invisible et agissante.
Les sept sacrements
Le XIIe siècle marque une étape importante dans la pratique et la théologie sacramentaires de l'Église d'Occident. Durant la première période de la scolastique, l'un de ses représentants les plus éminents, Hugues de Saint-Victor, assigne au sacrement trois éléments constitutifs: le sacrement a le caractère d'un signe; il est institué par le Christ; il sanctifie, par la grâce qu'il contient. Ce dernier trait reçut une attention privilégiée; dès le XIIe siècle, en effet, on interpréta de plus en plus les sacrements comme des "moyens de grâce". Cet effort de théorisation théologique se doubla d'une fixation du nombre des sacrements, qui fut porté à sept, et d'une désignation rigide des clercs qui pouvaient les dispenser.
À la suite de la liste fixée par le théologien Pierre Lombard au XIIe siècle, les Églises catholique et orthodoxe reconnaissent sept sacrements : baptême, confirmation, eucharistie, pénitence (aujourd'hui appelée "réconciliation"), onction des malades (appelée "extrême-onction" avant le concile de Vatican II), ordre et mariage, tandis que les Églises réformées n'ont voulu retenir que le baptême et l'eucharistie.
Le baptême est le sacrement de l'initiation de celui ou de celle qui devient membre de l'Église. La confirmation est une extrapolation de ce sacrement fondateur et caractérise l'envoi du chrétien dans le monde pour témoigner de l'Évangile, grâce à l'assistance de l'Esprit saint. La réconciliation du baptisé, pécheur et pénitent, avec Dieu et la communauté ecclésiale s'effectue dans le sacrement de la pénitence. L'eucharistie est la célébration de la mémoire du sacrifice salutaire de Jésus et préfigure, métaphoriquement, le repas fraternel des temps à venir. L'intercession de l'Église en faveur du malade renvoie à l'extrême-onction, nommée aujourd'hui sacrement des malades. La transmission de la tâche pastorale, sous l'autorité épiscopale, s'effectue dans le sacrement de l'ordre. La sanctification de l'amour de deux époux advient, enfin, dans le sacrement du mariage.
Une double origine
Il est bien clair que ces sept sacrements ne reposent pas tous sur des textes formels de l'Évangile, qui ne mentionne explicitement que l'institution du baptême et de l'eucharistie par le Christ. C'est, en revanche, la pratique de la communauté primitive qui a engendré ce que l'on a ultérieurement appelé les "sacrements", et dont elle a trouvé, a posteriori, la validation dans les attitudes mêmes de Jésus pardonnant les pécheurs, guérissant les malades ou rendant au mariage sa dignité.
Le fonctionnement même de l'Église, enfin, a progressivement entraîné l'instauration de ce qui devint le sacrement de l'Ordre. De même la dispensation des sacrements et leur fréquence ont été réglementées de façon variable au cours des siècles. Mais, dans la mesure où les clercs ont exercé, surtout à partir du Moyen Âge – et la réforme sacramentaire en est l'un des signes –, une emprise grandissante sur le peuple chrétien, on constate que seul le mariage est dispensé par les laïcs, pour la simple raison que ce sont les conjoints qui se donnent ce sacrement, alors que le baptême lui-même ne peut l'être par des non-clercs qu'en cas d'urgence.
L'essentiel de la doctrine sacramentaire formulée à nouveau par saint Thomas d'Aquin (XIIIe siècle) fut repris au concile de Trente (XVIe siècle), qui aborda ces thèmes de façon polémique pour réfuter les diverses doctrines de la Réforme sur ce sujet. Les Réformateurs, on l'a dit, n'ont retenu que les deux principaux sacrements: le baptême et l'eucharistie; certains d'entre eux, en outre, n'ont vu dans ces sacrements que des signes symboliques rendant visible le salut que Dieu communique et accorde à l'homme par sa Parole, et rejetant l'idée que ceux-ci puissent être les instruments efficaces du salut.
Parmi les sept sacrements, trois ne peuvent être administrés qu'une seule fois (le baptême, la confirmation et l'ordre) car ils ont valeur de signe par rapport à l'entrée dans le royaume de Dieu. Les théologiens actuels considèrent l'eucharistie comme le sacrement fondamental auquel tous les autres peuvent être rattachés. Les funérailles ne sont pas un sacrement mais un sacramental au même titre que les bénédictions sur l'eau, sur les récoltes, etc., l'exorcisme ou les consécrations d'églises.
Le rôle du sacrement
Par opposition aux rites secondaires techniquement appelés "sacramentaux", les sacrements s'accompagnent des rites fondamentaux du christianisme. Ce sont des signes qui rendent présents, dans la vie de l'Église, les actes de Jésus-Christ liés ; ils sont dits "porteurs de grâces".
La réflexion théologique de l'Église catholique en matière de sacrement aboutit en effet à l'affirmation que la grâce, dont le sacrement est porteur, ne dépend pas de la subjectivité religieuse de celui qui le reçoit ni du degré de sainteté de celui qui l'administre. Par là même, les théologiens ont voulu non pas attribuer quelque vertu magique au sacrement, dont l'"efficacité" aurait ainsi dépendu de quelque formule correctement récitée, mais mettre en valeur l'initiative gratuite de Dieu dans le don de sa grâce, qui, en retour, pour devenir efficace, réclame l'adhésion de celui qui la reçoit. Dès lors, les sacrements, dont les modes de célébration et la fréquentation sont soumis aujourd'hui à de fortes mutations dans le souci d'un retour aux origines, sont tenus pour des moyens sanctifiants permettant aux croyants d'œuvrer selon l'Évangile, dans une histoire qui s'achèvera par l'avènement du "royaume de Dieu".

Publié dans L'HISTOIRE REVELEE

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