La recherche des noyaux historiques et du sens caché

Publié le par Camille

 

 

Préliminaire

Rechercher la vérité ne devrait pas être une tâche bien dangereuse, en ces jours qui ne voient plus se dresser de bûchers. Certes, il est encore des écrivains actuellement condamnés à mort par certains pouvoirs religieux, alors que d'autres forces obscures, momentanément déchues par la République, œuvrent en silence afin de retrouver le pouvoir de "diriger les consciences" vers on ne sait quel absolu, hors duquel, il n'existe, bien entendu, point de salut.

Jamais nous n'avons eu accès avec autant de facilité à ce que les hommes ont stocké sous le vocable de "connaissance".
Celle-ci nous est livrée ficelée, certifiée conforme, avec normes à la clé (ISO etc.), aseptisée, afin de ne heurter aucune conviction, traçabilisée même et distribuée par les médias, comme tout autre produit de consommation, (le cerveau n'est-il pas considéré comme un viscère, une tripe, en quelque sorte?).
Ces médias débitent plus que nos sens n'en peuvent recevoir. Gavé, notre esprit n'est plus capable d'analyser, de confronter, d'objecter, de réfuter. Nous vivons en état de permanente indigestion mentale.

Comment l'esprit peut-il demeurer libre et créateur dans un tel contexte de conditionnement et de matraquage?

Que devient "la recherche de la vérité" dans un contexte où les valeurs et théories marchandes dominantes ignorent ce concept inopératoire car non lié au profit?

Fort heureusement, il existe encore des secteurs où le verrou médiatique du "savoir" "marketinisé" ne peut contraindre, car ce n'est pas "vendeur", car il n'y a pas d'argent à faire, ni de célébrités à séduire, ni de trône à conquérir…

Mais "rechercher la vérité peut amener" chacun à rechercher en premier "sa vérité", ce à quoi il pense pouvoir accorder quelque crédit et qui repose souvent sur un socle où prime l'irrationnel, fortement marqué par des valeurs affectives que l'approche scientifique ne peut appréhender. Cette "vérité subjective" constitue la première phase d'objectivation, mais elle est encore entachée de problématiques d'ordre personnel et subjectif.

Communiquer à ce niveau risque de déclencher des mécanismes de défense plus ou moins conscients à l'entour, notamment lorsque les thèses présentées remettent en cause un équilibre sécurisant.

Se livrer, énoncer ses doutes, ses inquiétudes, mais aussi ses ré-orientations personnelles, n'est pas dénué de risque pour celui s'adonne au jeu de l'honnêteté et de la franchise, et l'histoire montre qu'à chaque fois, les grands perdants sont de ceux-là.

En m'appliquant à ce travail, j'ai voulu prendre la bible précisément sous le biais par lequel elle constitue le bien commun des hommes, parmi tous les trésors de la littérature universelle, et non pas dans tout ce qui a trait au domaine réservé de ses fidèles ou de ses détracteurs.

En tant qu'ouvrage ancien, puisqu'on en date les premiers récits autour de -1000, et les plus récents à - 100 environ, la Bible contient des témoignages de l'émergence de la conscience humaine, aux limites du connu historique, quand le savoir et les structures s'effilochent vers un passé énigmatique et fascinant où le rêve et la poésie se rencontrent…

J'ai voulu la prendre comme tout ce qui nous arrive des temps très anciens, pour autant de reliques, de débris, de vestiges dont la plupart ont trop longtemps roulé sur les pentes du temps pour ne s'être enchevêtrés et recouverts d'une gangue plus ou moins lourde de laquelle il faut d'abord les discerner pour, peut-être, les extraire et ainsi prendre contact avec leurs auteurs et leur univers révolus, afin de savoir qui étaient-ils, quels étaient leurs messages, comment et pourquoi ont-ils été enfouis, remaniés, occultés, et quels sont les indices qui transparaissent çà et là, pouvant donner un sens à cet ensemble touffu, rempli d'anachronismes et de contradictions et qui rebutent lorsqu'on se contente d'une première lecture.

 

 

Lectures distanciées de la bible

Au cours de toutes les générations qui nous ont précédés, bien d'autres que moi se sont penchés sur ces documents, notamment en tout premier lieu, pour connaître la parole de Dieu qui est sensée en constituer l'essentiel.
Puis, un peu plus tard, une étude approfondie en fut rendue nécessaire afin de masquer et rendre cohérentes les nombreuses contradictions qui apparaissent tout au long de ces textes. Ce fut le cas dès que l' Empire Romain adopta le Christianisme comme religion d' Etat, donc, dès 350 BC et qui se poursuit toujours au sein des églises, des sectes et de tous les groupes qui prétendent s'appuyer sur le Livre.

A ces approches que je qualifierai d'internes à la Bible, de façon concomitante se développèrent des approches externes, issue de courants de pensées contestant la validité des récits bibliques au regard du Divin : ce furent les hérésies : Nestorianisme,
Arianisme, Marcionisme, etc…Il dut en être ainsi tout au long du Moyen Age, l'hérésie cathare nous est la plus proche, toutes ont fini de la même façon : par le fer et par le feu, elles ne nous sont connues que par les actes des procès des malheureuses victimes de l'intolérance et des tribunaux de l'Inquisition.

Puis vint la Renaissance, la réforme, les guerres de religion… Mais parallèlement, les critiques des textes religieux se firent plus fréquentes, plus approfondies, plus étayées, à mesure que le développement des connaissances scientifiques faisait ressortir de nouvelles aberrations qui ne pouvaient avoir été proférées par Dieu, sous peine de conférer à cet être - par définition omniscient - un niveau de connaissances proche de la débilité et de l'illettrisme.

L'église romaine en vint à proscrire l'étude de la bible car c'est à partir de telles études que naquit la Réforme. La bible se mit tout à coup à sentir le soufre, et lors des Dragonnades, ces horribles persécutions des protestants par les catholiques, la simple possession de ce livre suffisait dans le meilleur des cas à vous envoyer aux galères comme huguenot, et, dans le pire, d'être tout bonnement rôti devant une foule en liesse.

Le XVIIIe siècle devint le siècle des Lumières car il permit l'émergence d'une pensée libérée des dogmes religieux obscurantistes (Bayle, Fontenelle, Helvétius, d'Holbach, Voltaire, D'Alembert, Diderot furent les artisans de ces progrès….).

La Suite ne fut que la conséquence logique de cette rupture : Révolution, Droits de l'Homme, Laïcité, Démocratie, République.

Le courant de pensée
matérialiste, athée ou agnostique rejetait l'ensemble des textes religieux comme autant de légendes destinées à justifier et asseoir tous les régimes despotiques qui s'étaient succédés depuis l'antiquité.
La critique de la bible par des penseurs d'origine et issus de la civilisation chrétienne avait conduit au rejet pur et simple de la bible, y compris au niveau de sa valeur historique.


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Publié dans L'HISTOIRE REVELEE

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