ORIGINE DE L'ALPHABET

Publié le par Camille

Après avoir lu ceci, vous regarderez votre clavier d'un autre oeil !

Aux origines de l'alphabet

Du dessin à la lettre |  tableau comparatif

L'écriture, cela s'apprend...
Selon la langue, il est plus ou moins facile d'assimiler les symboles des sons. En Europe nous utilisons les alphabets, cyrillique pour beaucoup de langues slaves, grec et latin pour les autres.

Alphabet  : ce mot qui désigne l'ensemble des signes utilisés pour codifier les sons (consonnes et voyelles) est formé des deux premières lettres grecques : alpha et bêta. Il est donc paradoxal d'utiliser ce terme pour un ensemble de signes utilisant un autre système de codification, par exemple l'arabe et l'hébreu qui ne représentent presque jamais les voyelles...
L'alphabet
runique, utilisé par les peuples germaniques avant le nôtre, est appelé futhark par les spécialistes, du nom de ses six premiers signes (F-U-TH-A-R-K) ; ce qui conduit à appeler sa version anglo-saxonne F-U-TH-O-R-K. Néanmoins, il est plus aisé d'utiliser le terme alphabet dans le langage courant !

Avant leur scolarisation, les enfants utilisent déjà crayons et feutres... De même, l'humanité a dessiné et peint avant d'écrire. Les Mexicains ont réalisé de magnifiques livres (appelés codex) remplis de petits dessins (tête de jaguar, roseau, main, eau, fleur...) dont la combinaison forme un mot ou un membre de phrase, c'est-à-dire un code pouvant désigner autre chose que ce qu'il représente (voir l'écriture maya). Les hiéroglyphes égyptiens avaient, des millénaires avant, joué un rôle similaire.
Ces alphabets avaient donc franchi le pas séparant le sens du dessin de l'idée, du mot ; car une main aztèque ne signifie pas main mais capture, la partie postérieure d'un chien la fin de tout (de toutou...!). Chez les anciens Égyptiens, le signe du lièvre, par exemple, représentait le son wn.
Mais ces systèmes obligent à disposer d'un grand nombre de signes ; les Chinois, qui utilisent des idéogrammes, c'est-à-dire des représentations d'une idée, doivent en
assimiler des milliers... Ils ont d'ailleurs adapté les caractères latins à leur langue pour en noter la prononciation, bien plus facile et rapide à apprendre !

Donc, l'alphabet latin est plus facile ?
Bien sûr : il suffit de moins de trente signes pour représenter tous les mots. Des signes peuvent être créés pour des sons particuliers, comme pour les langues d'Europe centrale, mais la parenté latine est évidente : il est possible de déchiffrer (plus ou moins bien !) un mot croate ou polonais (ces langues utilisent un alphabet latin), alors qu'à première vue un mot serbe ou grec est illisible puisqu'écrit avec des alphabets différents (cyrillique et grec). L'islandais, d'origine scandinave, allie caractères latins et runiques.
Pourtant, les origines des alphabets latin, grec, cyrillique sont les mêmes : le phénicien. Mais les Grecs, par lesquels il nous est parvenu, ont adapté cet alphabet sémitique à leur langue indo-européenne, comme saint Cyrille a adapté l'alphabet grec aux langues des Slaves qu'il voulait évangéliser pour en faire
l'alphabet dit russe.

Du dessin à la lettre |  tableau comparatif

Le tableau qui accompagne ce texte permet de voir que les Grecs ont adopté des Phéniciens non seulement les signes, mais le plus souvent aussi leur appellation ; sauf pour 'ain par exemple, son inconnu dans les langues indo-européennes. Ils ont alors pu en disposer pour noter une voyelle, leur omicron par opposition à leur oméga. Nul doute que l'allusion évidente à l'oeil les a inspirés pour l'attribuer à ce son qui commence ophtalmos...
Toujours sur ce tableau, on peut suivre la filiation de la lettre avec le pictogramme (dessin jouant le rôle d'un mot) ou la lettre sémitique d'origine. Ce qui n'apparaît pas, c'est le lien direct de la plupart de ces signes avec l'écriture égyptienne. Par exemple, le hiéroglyphe pour boeuf ou taureau est bien aussi une tête cornue, m��me si la prononciation en est différente. Celui de maison, abri, est aussi cette représentation en plan d'une maison et de son entrée (égyptien pr), maison se disant bêth en sémitique.

 

tableau

Pour visualiser la filiation Phénicie-Grèce : http://www.malexism.com

 

C'est l'étude et la comparaison des langues anciennes de l'Éthiopie à la Mésopotamie qui permet cette reconstitution. Dans la colonne "comparer à" j'ai dessiné des formes permettant de mieux saisir le lien de parenté ; certains de ces signes sont av��rés : nos b, G, m, t, le lambda et le sigma grecs, le N inversé présent dans certaines de nos anciennes inscriptions, le H runique...

Si l'histoire et les spécialités scientifiques qui gravitent autour peuvent sembler inutiles à certains (voir une marque de passéisme ou de conservatisme !), il n'en est pas moins vrai qu'elles permettent de conclure ceci : alors que nos chiffres, depuis le moyen âge, sont arabes par leur origine, nos lettres sont, elles aussi, nées chez les peuples sémitiques... D'un texte incompréhensible on dit « C'est de l'hébreu !» Or l'hébreu est, comme l'arabe, une langue sémitique ; les noms de nos lettres sont sémitiques pour la plupart. Et si certains chantent que la Grèce est le berceau de Notre Civilisation européenne, force est de constater qu'elle a surtout su beaucoup emprunter ! Si génie grec il y a, il n'est pas sorti du néant. Depuis longtemps les rives de la Méditerranée tendent à se rapprocher, parfois.

Et ce ne sont pas les géologues ni les Alpes qui me démentiront !

F

Publié dans DIVERS

Commenter cet article