Les Etats-Unis vont abattre un satellite espion en perdition

Publié le par Camille

Les Etats-Unis vont abattre un satellite espion en perdition

Les Etats-Unis ont décidé d'abattre avec un missile un satellite espion devenu incontrôlable. Le satellite devrait sinon s'écraser sur Terre avec des réservoirs remplis d'une substance toxique.
Vendredi 15 février 2008 13:17
AFP

Le satellite de 1,1 tonne environ, qui a décroché de son orbite voici plusieurs semaines, doit être détruit par un missile tactique tiré d'un bâtiment de la marine américaine. Le président George W. Bush "a ordonné au département de la Défense de procéder à l'interception", a annoncé jeudi le conseiller adjoint à la Sécurité nationale James Jeffrey.

Les Etats-Unis n'ont jamais procédé à la destruction d'un engin dans l'espace mais leur défense antimissile prévoit la capacité d'intercepter un missile dans l'espace.
La Chine avait suscité les protestations du monde entier après avoir abattu en janvier 2007 un satellite météo en orbite basse.

Risque pour la vie humaine
M. Jeffrey a précisé que la décision avait été prise en raison du risque pour la vie humaine de la rentrée dans l'atmosphère terrestre de ce satellite encore porteur de près de 500 kilos d'un carburant toxique appelé hydrazine. Cette substance chimique hautement toxique est le carburant de choix pour les moteurs des satellites classiques.

Extrêmement irritante, elle attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose, mais elle se dégrade rapidement sous l'effet de la chaleur et des rayons ultra-violets, relève un rapport de l'agence française de sécurité INERIS.
Les responsables américains ont en revanche réfuté toute notion selon laquelle cette décision d'abattre le satellite puisse être motivée par la volonté de protéger des données secrètes ou encore pour tester une capacité de défense antisatellite.
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Monde » Sc / Environnement
Destruction d'un satellite espion : le danger de l'hydrazine pas crédible, selon le Cnes
Centre de contrôle du centre spatial de Toulouse, le 1er février 2008 (© AFP - Pascal Pavani)
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PARIS (AFP) - La décision prise par les Américains de détruire un de leurs satellites espions en raison du danger présenté par son carburant toxique hydrazine lors de sa rentrée dans l'atmosphère n'est pas crédible, a estimé vendredi le directeur du centre spatial de Toulouse, Marc Pircher.
"Je suis assez surpris qu'on parle de ce risque puisque ce n'est pas la première fois qu'il y a un véhicule qui rentre avec de l'hydrazine dedans", a déclaré à l'AFP ce responsable du Centre national d'études spatiales (Cnes).

Par ailleurs, a-t-il souligné, "l'hydrazine, relativement toxique, est assez instable et se décompose à assez basse température, à quelques centaines de degrés", passant en gaz et devenant inoffensif. C'est ce qui se passerait avec la destruction quasi certaine du réservoir à sa rentrée dans l'atmosphère.


Les Américains ont justifié leur projet de destruction par un missile du satellite, encore porteur de près de 500 kilos d'hydrazine, en raison d'un risque supposé pour la vie humaine lors de sa rentrée dans l'atmosphère.

Substance chimique hautement toxique, carburant de choix pour les moteurs des satellites classiques, l'hydrazine est extrêmement irritante, attaque le système nerveux central et peut être mortelle à forte dose.

Parmi les autres hypothèses avancées par les milieux de l'astronautique pour expliquer la décision américaine figurent les miroirs en bérylium embarqués à bord du satellite. Le bérylium, selon M. Pircher, "peut arriver pratiquement intègre sur Terre", sans être détruit par la rentrée dans l'atmosphère, car il résiste à des températures de 1.800 degrés. Le bérylium est toxique comme la poussière d'amiante.

"En terme de risques au sol, fragmenter un véhicule ne les réduit pas franchement" quand on intègre le nombre de gens pouvant être touchés. Les dégâts ne sont pas les mêmes : si des morceaux arrivent au sol, ils n'auront pas la même énergie qu'un seul. Mais ils sont répartis partout et donc, avec la probabilité de les trouver en plusieurs endroits, la moyenne de risque "est à peu près équivalente", a-t-il dit.

Enfin, en ce qui concerne le risque de pollution de l'espace posé par la destruction du satellite, le directeur du centre spatial de Toulouse a expliqué qu'elle allait "générer énormément de débris, mais qui n'auront pas de longue durée de vie". Selon lui, "ils finiront tous par rentrer dans l'atmosphère en quelques semaines".
Publié le: 15/02/2008 à 12:15:48 GMT

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