A lire absolument, note du C.A.R.L

Publié le par Camille

A lire absolument, note du C.A.R.L. Emmanuel Xédah 

 
Les USA ont financé une guerre ethnique dans les Balkans
Les USA, les Nations-Unies et l'OTAN ont été complices de l'escalade d'une vague de terrorisme et de guerre ethnique au Kosovo et en Macédoine, en partie financée par les narcodollars.
Article de Michel Chossudovsky
2000 & 2001
Les USA et l'Armée de Libération du Kosovo représentent les mêmes valeurs humaines et les mêmes principes... Combattre pour l'UCK c'est combattre pour les droits de l'homme et les valeurs prônées par l'Amérique.
Par le Sénateur Joseph Lieberman, cité dans le Washington Post, 29 avril 1999.
 
Tout en soutenant l'ancienne république yougoslave de Macédoine, Washington canalise, dans l'ombre, de l'argent et du matériel militaire vers l'Armée de Libération du Kosovo (UCK), aujourd'hui engagée dans une guerre frontalière avec les Forces de Sécurité Macédoniennes. Cruelle ironie du sort, Washington arme et conseille à la fois les attaquants de l'UCK et les défenseurs macédoniens sous couvert de lois approuvées par le Congrès américain. Military Professional Resources Inc. (MPRI), équipe de mercenaires sous contrat avec le Pentagone, apporte son aide à la Macédoine, dans le cadre d'un train de mesures d'assistance militaire de la part des USA, "afin de prévenir les attaques armées et de défendre le territoire macédonien". Mais le MPRI conseille et équipe aussi l'UCK, qui est responsable des assauts terroristes. Dans cette guerre, la machine américaine armée-services secrets tire les ficelles "des deux côtés". Quel programme secret se cache derrière tout cela ?
L'Armée de Libération du Kosovo (UCK), transformée en septembre 1999 en Corps de Protection du Kosovo (KPC) sous les auspices de l'ONU, est à l'origine des attaques terroristes de la région de Tetovo, en Macédoine, ainsi que dans le sud de la Serbie. En Macédoine, ces assauts sont financés par l'organisation mandatée par l'UCK : la Ushtira Clirimtare Komtare (UCK) ou Armée de Libération Nationale (NLA). Les terroristes opèrent depuis des bases de l'UCK à l'intérieur du Kosovo sous la protection de la KFOR.
Soutenue par les USA, l'UCK et ses divers mandataires sont bien équipés. Selon Carl Bildt (coordinateur spécial de l'ONU pour les Balkans), les Forces de Sécurité Macédoniennes "ne sont pas de taille" à lutter contre les rebelles : "...les guérilleros constituent une organisation militaire qualifiée... Ils possèdent un noyau de combattants très experimentés. Ils sont bien armés, à l'évidence bien préparés, et, selon toute probabilité, contrôlent des parties importantes de l'arrière-pays."
Mais où ont-ils trouvé l'argent ? Les médias occidentaux donnent l'impression que l'Armée de Libération Nationale (NLA) s'est muée en une force rebelle moderne du jour au lendemain, spontanément, "comme par magie", et que les dirigeants de l'OTAN n'ont aucun contact avec l'UCK.
L'opération de maintien de la paix de l'ONU finance le terrorisme
Selon le London Sunday Times, "les agents secrets américains ont reconnu qu'ils aidaient à former les soldats de l'Armée de Libération du Kosovo avant le bombardement de la Yougoslavie par l'OTAN". (1) Un examen des documents du Congrès américain laisserait supposer que le soutien de la CIA ne s'est pas interrompu après la guerre. (2)
De plus, tandis que l'UCK conserve des liens à la fois avec la CIA et avec des gangs criminels impliqués dans le trafic de stupéfiants dans les Balkans, cette organisation paramilitaire, rebaptisée Corps de Protection du Kosovo (KPC), s'est vue octroyer le statut de l'ONU, ce qui implique qu'on lui accorde des sources légitimes de financement par l'intermédiaire de l'ONU ainsi que par des canaux bilatéraux.
L'approvisionnement en matériel militaire, la formation de l'UCK et l'apport de conseillers militaires ont été confiés à MPRI. Le schéma est similaire à celui suivi en Croatie et dans la Fédération croato-musulmane bosniaque où les programmes "d'équipement et de formation", comme on les appelle, ont été élaborés par le Pentagone.
Les concepts de MPRI en matière de formation, qui avaient déjà été testés en Croatie et en Bosnie, sont basés sur la transmission "des tactiques offensives...comme meilleure forme de défense". (3) Dans le contexte kosovar, cette "doctrine défensive" comme on l'appelle, appliquée dans les assauts terroristes lancés dans le sud de la Serbie et en Macédoine, vise à transformer la force paramilitaire de l'UCK en une force militaire moderne au service des objectifs stratégiques de l'Alliance. En 1999, le MPRI comptait "91 anciens militaires de carrière, très expérimentés, opérant en Bosnie-Herzégovine". (4) Le nombre d'officiers militaires travaillant sous contrat avec l'UCK n'a pas été révélé.
Il existe, cependant, un lien logique. Le chef d'état-major de l'UCK, Agim Ceku (qui était auparavant avec les Forces Armées Croates) entretient une relation de longue date avec le MPRI. Ceku a commencé à travailler avec le MPRI en 1995 pour la planification de l'Opération Storm en Croatie, qui a conduit à des massacres ethniques et à l'expulsion de plus de 200.000 Serbes de la région de Krajina, en Croatie. Le fait que Ceku soit "un criminel de guerre supposé", selon les dossiers du Tribunal International de la Haye, organisme présentant ses conclusions au Secrétaire Général de l'ONU, ne semble pas, cependant, ennuyer qui que ce soit à l'intérieur de la "communauté internationale". (5)
Ceku possède un laissez-passer de l'ONU, qui lui confère l'immunité diplomatique à l'intérieur du Kosovo. Selon le procureur de l'ICTY, Carla del Ponte, la réputation et l'intégrité de Ceku ne sont pas ternies, cependant, parce que les "enquêtes du Tribunal International de la Haye... concernent des atrocités commises (par Ceku) à Krajina... entre 1993 et 1995... On n'envisage pas de réouvrir le dossier de Ceku à l'intérieur même du Kosovo" (6)
Derrière la façade polie de la diplomatie internationale, le Secrétaire Général de l'ONU, Kofi Annan, a sciemment et délibérément approuvé, sur instructions de Washington, la nomination "d'un criminel de guerre supposé" afin qu'il participe à une opération de maintien de la paix menée par l'ONU. En d'autres termes, le système de l'ONU "finance le terrorisme", créant un précédent très inquiétant dans l'histoire d'une organisation internationale : "l'ONU paye le salaire d'un grand nombre de gangsters" qui sont maintenant impliqués dans les assauts terroristes lancés en Macédoine. (7)
Le réinvestissement des narcodollars
Le soutien de l'ONU ne constitue qu'une source de financement parmi d'autres pour l'UCK. Diverses organisations islamiques ont canalisé de l'argent et du matériel militaire vers la KLA. Avant la guerre de 1999, "on a rapporté que des instructeurs allemands, turcs et afghans formaient les combattants de l'UCK sur les tactiques de guérilla et de diversion". (8)
Les mercenaires moudjahidin recrutés dans un certain nombre de pays combattaient contre les Forces de Sécurité Serbes aux côtés de l'UCK au Kosovo. Selon le Sunday Times, les récents assauts lancés par le mandataire de la KLA dans la région de Tetovo, en Macédoine, ont été "encouragés par les mercenaires d'Afghanistan et d'Arabie Saoudite". (9)
Largement appuyé à l'aide de documents, le trafic de stupéfiants dans les Balkans sert à financer la guerre ethnique, avec la complicité des USA et de l'OTAN. Ce schéma de soutien indirect, à travers le réinvestissement des narcodollars, fait partie intégrante des opérations de couverture de la CIA depuis la guerre entre l'URSS et l'Afghanistan.
Selon des documents de la Drug Enforcement Administration (DEA) américaine (administration chargée de l'application de la législation antidrogue), "certains membres de la célèbre mafia albanaise ont des liens avec un cartel faisant la contrebande de stupéfiants" basé dans la capitale du Kosovo, Pristina. Ce cartel est soi-disant composé d'hommes de souche albanaise qui sont membres du Front National du Kosovo (KNF), dont la branche armée est l'UCK. Les documents de la DEA semblent montrer qu'il s'agit de l'une des "plus puissantes organisations de contrebande d'héroïne au monde", ses profits étant détournés vers l'UCK pour acheter des armes. (10)
Selon les propres termes de l'ancien agent de la DEA et auteur Michael Levine : "Il y a dix ans, nous armions et équipions les pires éléments des moudjahidin en Afghanistan, trafiquants de drogues, contrebandiers d'armes, terroristes anti-américains. Aujourd'hui, nous faisons de même avec l'UCK, qui a des liens avec tous les cartels de drogue connus du Moyen-Orient et de l'Extrême-Orient. Interpol, Europol et presque toutes les agences européennes de renseignements et les agences anti-drogues possèdent des dossiers débouchant sur des gangs de trafiquants de drogue qui conduisent tout droit à l'UCK et aux gangs albanais de ce pays." (11)
Tandis que l'aide des USA, combinée à l'argent de la drogue est canalisée vers l'UCK, Washington et Bruxelles condamnent pour la forme les assauts terroristes de Tetovo fomentés par la NLA tout en niant avec désinvolture les liens entre les attaquants et l'UCK. D'après les propres termes de l'ancien Secrétaire Général de l'OTAN, Javier Solana : "... ce serait une erreur de négocier ; il faut que les terroristes soient isolés. Chacun de nous doit les condamner et les isoler. On n'arrive à rien par la violence..."
L'OTAN a promis "d'affamer" les rebelles en coupant les voies d'approvisionnement en provenance du Kosovo voisin. (12) Tout en condamnant les terroristes, l'OTAN, par l'intermédiaire de l'ONU, a également "fait naître un besoin urgent de restrictions au sein des forces macédoniennes". (13)
Ce double-langage est bien entendu une forme de camouflage politique : vous dites que vous êtes contre les terroristes et vous les soutenez ensuite via l'UCK avec des fusils, des munitions et des conseillers militaires payés par le Trésor public américain.
Les USA financent les deux camps
Mais il y a autre chose encore plus effrayant que l'on n'a pas révélé à l'opinion publique. La guérilla de la région de Tetovo, en Macédoine, est financée et, par conséquent, contrôlée par Washington des "deux côtés" de la frontière. Tandis que Washington injecte de l'argent à l'UCK, la FYR de Macédoine (état qui a été un client docile) reçoit de la part des USA une aide et une formation sur le plan militaire. La Macédoine fait partie du programme de Partenariat pour la Paix de l'OTAN (PfP) et aspire à devenir membre à part entière de l'OTAN. Ce même groupe de conseillers militaires américains sous contrat avec l'UCK "aide" aussi les Forces Armées Macédoniennes. Le MPRI, tout en aidant l'UCK lors de ses assauts terroristes, est aussi présente derrière les lignes ennemies en Macédoine dans le cadre d'un soi-disant Programme de Stabilité et de Dissuasion. Ce dernier est destiné à "aider les Forces Armées Macédoniennes... à prévenir les attaques armées et, si cette force de dissuasion ne s'avérait pas efficace, à défendre le territoire macédonien". (14)  Ce qui se passe, c'est que la société américaine de mercenaires mandatée "pour défendre la frontière" (MPRI), conseille aussi l'UCK sur la meilleure façon "d'attaquer la frontière".
N'est-ce pas clair comme de l'eau de roche ? Le stratagème de l'armée et des services secrets consiste à financer les deux camps dans ce conflit, à apporter une aide militaire à l'un et de l'argent à l'autre. Et ensuite à "les faire se battre". C'est un jeu sinistre de l'armée et des services secrets, une "opération menée de l'intérieur" avec, des deux côtés, des conseillers militaires américains issus de la même équipe de mercenaires (MPRI). Le Programme de Stabilité et de Dissuasion en Macédoine est en fait en grande partie financé par les ventes américaines de matériel militaire à l'étranger (FMS) ; autrement dit, le MPRI est chargé de livrer aux Forces Armées Macédoniennes des armes et du matériel obsolètes dont le Ministère américain de la Défense veut se débarasser (c'est-à-dire de pratiquer le dumping).
En outre, avec ses diverses sources de financement (drogues, organisations islamiques, aide militaire américaine, contributions de la communauté albano-américaine), l'UCK et son mandataire macédonien, la Ushtira Clirimtare Komtare, sont avantagés. L'argent provenant de diverses sources, y compris du trafic de drogue, excède largement les maigres allocations des FMS accordées sous la forme d'un surplus d'équipement militaire macédonien de la Défense.(15)
Les rencontres amicales et cordiales organisées à Skopje en juillet 2000 entre le Général Henry H. Shelton, Président des Chefs d'état-major des Armées aux USA, et son homologue macédonien, le Général Jovan Andrevski, constituent un écran de fumée manifeste. Tandis que les "huiles" américaines soutiennent du bout des lèvres leur partenaire et allié dans le cadre du PfP, l'UCK, avec l'aide de la communauté albano-américaine, recrute activement des citoyens américains pour participer au combat en tant que volontaires contre les Forces Armées Macédoniennes. (16)
Gardez bien à l'esprit que ce schéma de "financement des deux camps" ne se limite pas aux Balkans. Depuis la fin de la Guerre Froide, Washington est mêlée à l'acheminement d'un financement secret et au déclenchement de conflits civils dans différentes régions du monde dont l'Afrique Centrale, le Caucase et l'Asie Centrale. En finançant les deux camps, les USA contrôlent l'issue de la guerre.
Le MPRI supervise le spectacle
Le MPRI, qui recrute un large éventail de spécialistes de l'armée et des services secrets à partir de sa banque de données constituées d'anciens membres du personnel militaire, est contrôlée par une poignée d'anciens généraux et ex-officiers de la CIA.
Le Général Rich Griffitts (à la retraite), responsable du programme du MPRI en Macédoine, dialogue avec le chef d'état-major macédonien. Il dialogue aussi avec le Commandant de l'UCK, Agim Ceku, avec lequel il entretient une relation de longue date depuis l'Opération Storm menée en Croatie en 1995. Ceku fait partie du "réseau des anciens" du MPRI. En collaboration avec le MPRI, il fut l'un des principaux artisans de l'Opération Storm. En cette qualité, il a aussi fait office de commandant de la division d'artillerie, qui a bombardé sans pitié les civils serbes de Krajina. (17)
Le fait que le personnel du MPRI posté au Kosovo soit ou non en contact ou en communication directe avec ses collègues de Macédoine importe peu : tout le personnel militaire du MPRI sur le terrain présente son rapport à Rich Griffitts, Crosbie Saint et Carl Vuono (Président du MPRI) au siège de la société à Alexandrie, en Virginie, aux USA. Crosbie Saint, responsable du Groupe International de la société, coordonne les diverses opérations du MPRI au Kosovo et en Macédoine ainsi qu'en Croatie et en Bosnie. De son côté, Crosbie Saint, qui est un ancien directeur du service de renseignement de l'armée de terre, est en contact permanent avec le Pentagone, la KFOR et la CIA. (18)
Le programme secret
Alors, de quel genre de guerre s'agit-il ? Les deux camps de la guerre frontalière de Macédoine sont contrôlés par les USA. Des membres du personnel militaire américain issus de la même société privée de mercenaires (MPRI) sont postés "de part et d'autre de la ligne", aidant leurs homologues ocaux à se battre sur l'ordre de Washington.
Si on laisse cette guerre se poursuivre, cela conduira inévitablement à l'escalade d'une haine ethnique, à des victimes civiles et à une multitude de réfugiés.
 

Publié dans DESINFORMATION

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