origine du sida suite

Publié le par camille

3-1-3 Les hypothèses portant sur l’origine du VIH, sa transmission et/ou sa propagation chez l’humain

On distingue trois catégories d’hypothèses pour expliquer l’origine du VIH: les hypothèses qui stipulent une origine simienne du virus, celles qui considèrent une origine naturelle humaine du virus et celles qui estiment qu’il s’agit d’un virus crée en laboratoire. De chacune de ces hypothèses découlent d’autres séries d’hypothèses expliquant sa présence ou sa transmission chez l’humain et sa propagation chez ce dernier.

3-1-3-1 Les hypothèses portant sur l’origine simienne africaine du VIH et sa transmission à l’humain

• Les hypothèses portant sur l’origine simienne africaine du VIH
Ces hypothèses mettent de l’avant que le virus à l’origine du sida proviendrait des singes et particulièrement des singes africains et serait par la suite transmis à l’humain selon différents processus encore hypothétiques. Selon l’article de Horaud (2000), cette hypothèse de l’origine simienne est basée sur les études comparatives des génomes viraux humains et simiens, et sur le pourcentage élevé de leur ressemblance. Cette hypothèse serait, d’après cet auteur, un fait accepté à l’heure actuelle. La question de qu’est ce qui a poussé les chercheurs à faire une relation directe entre le VIH et le singe après le déclenchement de l’épidémie reste à explorer. Pourquoi un singe d’Afrique? L’Afrique est-il le seul continent où l’on trouve des singes? D’après Horaud, «il était normal que le regard curieux des scientifiques se soit fixé sur l’Afrique, où vit une grande variété de primates et où a débuté la pandémie du sida» (en ligne). Une grande richesse en faune simienne est-elle synonyme d’une évidente présence du virus du sida? Et normal par rapport à qui? A-t-on effectué les mêmes recherches sur les primates d’autres continents pour conclure qu’ils en sont exempts? De plus, comment peut-on confirmer que tout a débuté en Afrique quand on sait que pour certains, Steven Epstein et Docteur Olivier Namy , tout a commencé aux Etats-Unis en 1981 avec la détection des cas de pneumocystose pulmonaire chez des patients homosexuels. Quel lien donc établir entre les Etats-Unis et l’Afrique? Si le virus est, comme semblent le déclarer ces auteurs, d’essence africaine, comment a-t-il pu voyager de l’Afrique aux Etats-Unis pour être repéré au niveau des homosexuels américains?
D’après un article de Lawrence Altman dans un numéro de New York Time du mois de novembre 1983, le sida est passé du statut particulier au statut de «problème de santé d’ordre mondial» après que des cas de sida aient été détectés dans trente-trois pays de tous les continents habités. Mais l’aspect le plus marquant dans cette "découverte" fut l’attention que les chercheurs semblent accordée à la présence du virus en Afrique équatoriale bien que la plupart des cas dépistés soit en Amérique et en Europe. Pourquoi donc le choix de l’Afrique? Selon un article de Victor Cohn (1983) paru dans le Washington Post, parmi les cas de sida détectés en Europe, figurent les patients qui ont séjournés dans des pays africains (Zaïre ou Tchad). De plus, en France, sur vingt-neuf patients de ces cas, six sont tombés malades avant même que l’épidémie ne soit déclarée aux Etats-Unis (Russell, 1983). D’où, d’après les scientifiques et journalistes occidentaux, l’Afrique serait le foyer originel de l’épidémie (Cohn, 1983). Pauvre Afrique!
Selon Mirko Grmek (1989), la souche virale africaine et la souche virale américaine ne semblent pas les mêmes, mais celle africaine est plutôt proche de celle européenne et celle américaine plus proche de celle de Haïti. Pour lui, même si le sida est originaire d’Afrique et si le foyer africain est plus ancien que celui américain, cela n’exclut pas la possibilité d’une réintroduction en Afrique d’une souche non autochtone particulièrement virulente. De même, il est convaincu que le sida haïtien représente un foyer secondaire allumé par le brandon américain et non africain.
Toujours dans la même lancée de jeter la pierre à l’Afrique, Robert Gallo (cité par Roberto Giraldo, 2000), co-découvert du dit virus du sida, avance que "Le Sida est probablement le résultat d’une nouvelle infection humaine dont l’origine est l’Afrique Centrale, sans doute dans les années 1950". Pour lui, "Il semble que le virus ait eu plus de temps pour se répandre en Afrique qu’il n’en a eu ailleurs dans le monde". Concernant l’origine du virus, l’auteur estime que, le STLV III, virus du singe accusé d’être à l’origine de la contamination humaine, "a contaminé d’une manière ou d’une autre des êtres humains, débutant ainsi une série de mutations qui produisent des virus intermédiaires avant d’aboutir au HTLV-III férocement pathogène" (p.2).
Si la plupart des cas de sidéens répertoriés en Europe ont séjourné en Afrique, qu’en est-il des cas identifiés aux Etats-Unis? Comment lier l’origine africaine avec le cas du patient zéro invoqué plus haut, lequel serait antérieur? Son virus est-il le même que celui des autres souches? Cet individu a-t-il séjourné sur le continent africain? Et si cela est démontré, n’a-t-il pas séjourné dans d’autres continents autres que l’Afrique? À quel moment, où et à quel état sanitaire était-il en allant en Afrique? Et le cas d’Erasme supposé plus ancien, quel rapport avec l’Afrique? Si tel est que l’Afrique équatoriale est le berceau du sida, comment les autochtones ont-ils pu y faire face depuis belle lurette sans être décimés, quand nous savons qu’ils s’agit des peuples sans protection en matière de sexualité, où la pratique de la polygamie et de l’héritage des veuves par les proches parents font partie des coutumes locales? Comment les africains auraient-ils pu gérer un virus aussi "férocement pathogène" depuis les années 1950 sans être décimés? Auraient-ils signé un "accord tacite" avec ce dernier pour patienter jusqu’aux années 2000 en vue de pouvoir enfin les décimer? Et les colonisateurs et missionnaires européens qui ont sillonnés cette Afrique supposée infectée, pourquoi n’ont-ils pas signalés la présence de cette maladie mystérieuse dans leurs rapports? De plus, est-il possible que des personnes infectées en Afrique n’aient pas eu à visiter d’autres continents? Ces recherches ont-elles été menées? Quels sont en fait les fondements scientifiques de l’origine africaine? Et si l’on pensait que ce virus, dans le cas où il existait, serait d’origine européenne ou américaine, comment les scientifiques réagiraient-ils ou expliqueraient-ils son apparition?
• Des virus de Singes au VIS du Chimpanzé africain
Selon certaines recherches énoncées dans le contexte de l’Institut de Recherche sur le Développement, l’ancêtre du VIH-1 humain serait le SIVcpz, virus de l’immunodéficience simienne transmis à l’humain par le chimpanzé. Ce virus serait lui-même issu d’une recombinaison génétique de deux virus provenant de deux singes différents qu’on trouverait en Afrique centrale particulièrement dans la zone du Cameroun, du Congo et du Gabon : le SIVgsn, virus du singe hocheur (Cercopithecus nictitans), et le SIVrcm, virus du cercocèbe à collier blanc (Cercopithecus torquatus) . D’après les auteurs de cette hypothèse, le chimpanzé serait le prédateur d’autres espèces de singes, et notamment les singes hocheurs et les cercocèbes à collier blanc. Ce serait donc par cette voie que la contamination du chimpanzé aurait eu lieu.
Au regard des données scientifiques sur le régime alimentaire des chimpanzés, ces derniers s’avèrent omnivores et consomment prioritairement des feuilles, des fourmis et des termites puis rarement des petits mammifères. La consommation des autres singes reste encore à explorer car, pour les chasseurs africains, les chimpanzés ne sont pas carnivores. Même si tel est le cas, depuis que les chimpanzés existent en Afrique, pourquoi cette chaîne de contamination et de recombinaison virale n’est évidente que maintenant? Doit-on considérer le point de vue des scientifiques ou celui des autochtones africains qui cohabitent avec ces singes depuis la nuit des temps?
• Du VIS du Chimpanzé au VIH humain
D’après un article de Sylvie Kerviel (2004), reprenant les propos publiés dans «Le Monde Télévision» du 17 avril 2004, le virus du sida «serait passé du chimpanzé à l’homme à l’occasion de la blessure d’un chasseur de singes, qui aurait ainsi contracté par là l’immunodéficience du chimpanzé». À cette thèse vient s’ajouter l’hypothèse formulée d’après les calculs de la généticienne Bette Korber et reconduit dans le cadre des travaux de l’IRD (2003). Laquelle hypothèse stipule que le virus du chimpanzé aurait contaminé un être humain qui consommait la viande d’un animal infesté. Celle-ci est parfois complétée par une troisième version, moins répandue que les deux autres, qui présente cette contamination comme étant la résultante d’un acte de zoophilie entre un humain et un chimpanzé.
Ces deux premières hypothèses soulèvent une double interrogation. Les africains chassent et mangent du singe depuis la nuit des temps, pourquoi cette transmission soudaine? Quelle est l’identité de ce Chimpanzé africain? De plus, d’après les virologues, il s’agit d’un virus très fragile qui ne survivrait pas à une exposition à une haute température; comment, dans la contamination par voie alimentaire, celui ci a-t-il résisté à la cuisson? À moins que cet humain n’ait consommé de la viande crue. Et si c’est le cas dans la coutume des africains de consommer de la viande crue, il y a de cela longtemps qu’ils seraient contaminés et seraient tous morts du sida, donc n’auraient pas pu laissés de descendants. Quant à la troisième hypothèse, est ce que des études poussées ont été menées pour prouver l’existence des rapports de type sexuel entre les africains et les animaux, en l’occurrence les singes? Si tel est également le cas, la situation serait analogue à celle déjà évoquée.
La dernière hypothèse dans cette version virale, qui s’avère de loin la plus bouleversante pour le monde scientifique, suggère que le virus du sida serait le produit accidentel d’un vaccin expérimental contre la poliomyélite administré à un million d’africains dans l’ex-Congo belge (devenu le Zaïre puis la République démocratique du Congo) de 1957 à 1960 par le Docteur Hilary Koproswski. Cette hypothèse est défendue par un journaliste britannique, Edward Hooper dans son livre The River : jouney Back to the Source of HIV and AIDS (2000) et par le Dr Horowitz et ses collaborateurs, lesquels se sont interrogés pendant deux ans sur l’origine du sida en analysant plus de 2500 documents. Cette thèse largement défendue a fait l’objet d’un célèbre documentaire «les origines du sida» de Peter Chappell et Catherine Peix, diffusé la première fois sur France 2 en 2004. D’après le Dr Horowitz et al., des investigations de laboratoire et des essais thérapeutiques concernant l’étude de vaccins seraient en cause (XIème conférence internationale sur le sida, abstract We.D.3678 du 7-12 juillet 1996 à Vancouvert). L’un des arguments qui soutiennent cette hypothèse est que des cas de maladies jusque là inconnus de la médecine se sont manifestés de 1971 à 1997 dans un périmètre bien circonscrit. Des investigations poussées ont montré qu’il s’agissait du même périmètre où a eu lieu la vaccination antipoliomyélite entre 1957 et 1960. D’où l’établissement du lien entre le vaccin et la maladie. En effet, lors des premiers cas apparus, le rapport n’était pas évident avec le sida, puisque la maladie était encore inconnue mais des prélèvements de sang des malades avaient été conservés. Des années plus tard, 87 % d’entre eux se révélèrent positifs au VIH-1. Ce qui conduisit à la confirmation des soupçons de départ.
Cette dernière théorie est à l’origine d’une grande réplique du monde scientifique, «partagé entre l’examen de conscience et la dénégation : difficile d’admettre que la médecine ait pu, en combattant une maladie, créer un fléau bien pire encore», d’où la vive controverse. Celle-ci pousse les uns et les autres à ressusciter les souvenirs des témoins, à exhumer des archives inédites à la recherche d’une incroyable quête de la vérité tel qu’illustré dans le film tourné à ce sujet par Peter Chappell et Cathérine Peix (Contrecourant, 2004). D’après Stéphane Horel et Peter Champpell (2004), la communauté scientifique énonce plusieurs objections pour réfuter énergiquement cette hypothèse. Soit en reculant la date d’apparition de la maladie, soit en annonçant la disparition des documents du laboratoire de Lindi où eurent lieu les expériences (ces derniers furent perdu lors d’un déménagement, [sic!]) ; soit en niant l’idée de l’utilisation des reins de chimpanzé pour la fabrication du dit vaccin, en réfutant l’idée d’un virus pouvant survivre au protocole de fabrication de vaccin ou en refusant les investigations d’un jounaliste. Pourtant il n’est pas rare de constater qu’un vaccin soit à l’origine d’une épidémie, tel fut le cas du vaccin contre la poliomyélite de Jonas Salk. Après avoir été vacciné en 1955, 260 enfants américains tombèrent malades et onze d’entre eux moururent. On peut aussi citer en exemple un autre cas où des virus simiens SV40 ont pu survivre dans le vaccin anti-polio, pourquoi pas le VIH? D’autres arguments comme celle d’une faible probabilité d’un vaccin oral à transmettre un germe, ont d’ailleurs été réfutés par le Dr experte Patricia Fulz qui estime que ce risque de transmission devient égale à celui d’une voie veineuse si l’individu possède des lésions buccales. La probabilité de trouver des individus à lésions buccales peut aussi bien être élevée dans un milieu où les conditions d’hygiène pouvaient encore paraître élémentaires. Quant à l’insistance du Dr Horaud sur le fait que cette hypothèse n’est que spéculative, il serait intéressant de savoir laquelle des hypothèses avancées sur l’origine du sida détient la «vérité». La définition du terme hypothèse ne laisse-t-elle pas croire qu’il s’agit là des affirmations provisoires qui exigent encore des investigations?
D’après Stéphane Horel et Peter Champpell (2004), la course au vaccin anti-polio menée concomitamment par le Dr Albert Sabin et le Dr Hilary Koproswski serait à la source de cette fatalité. Pour gagner le prix Nobel, il fallait en urgence trouver un vaccin et être le premier à le trouver, d’où le vaccin «CHAT» fabriqué par Hilary Koproswski. Lequel vaccin, testé par Albert Sabin, s’est avéré instable et possédant un virus inconnu. Malheureusement ce constat est fait après qu’un million d’africains soit vacciné. Ce n’est qu’à la suite de cela que l’OMS, en novembre 1958, désapprouva ces campagnes de vaccination. Une récolte de 2000 échantillons de sang, un an après, auprès de ces mêmes populations, montrera une réaction positive au VIH testé plus tard en 1985 par le chercheur André Nahmias.
La situation brièvement décrite soulève d’autres interrogations. Pourquoi la communauté scientifique du monde médical hait-elle radicalement cette hypothèse et se sent-elle menacée? Pourquoi s’atèle-t-elle à vouloir à tout prix fabriquer des preuves contraires en opposant de grandes résistances à publier quoi que ce soit sur cette hypothèse, allant même jusqu’à refuser toute vérification des pièces à conviction encore disponible. Certains, à l’exemple du Dr Horaud n’hésitant pas à traiter Hooper de «journaliste d’investigation passionné» en d’autre terme de non scientifique, donc disqualifié pour mener une telle recherche d’indices. Il va plus loin en disant que son approche ne peut mener à «la connaissance objective». Qui détient cette connaissance objective, s’il en existe une? Et la reconnaissance par la Food and Drug Administration de l’expertise développée par les profanes homosexuels dont nous avions parlé plus haut (au niveau du point les débuts d’une controverse scientifique); étaient-ils des scientifiques dans ce cas là? Y a-t-il que des scientifiques pour pouvoir concevoir «la vérité» et en dehors d’eux, point de vérité. Qui établit les normes de vérité?
Le seul mérite attribué à l’ouvrage de Hooper par Horaud semble l’évocation des courageuses personnes oubliées, ces héros de la lutte contre la poliomyélite qui ont consacré leur vie à combattre contre ce fléau. Loin de minimiser leur honorable lutte, est ce que parce que l’on mène un combat onéreux que l’on est exempt d’erreurs? L’activité scientifique en elle-même est elle dépourvue de toute forme d’erreur comme semble le laisser croire notre éminent chercheur? Toute recherche scientifique est-elle exempte de subjectivité? La fraude scientifique, la course aux subventions et aux prix ne sont-elles pas des problématiques connues en milieu scientifique? Loin de prendre pour acquis la thèse de Hooper, ne dit-on pas que errare humanum est, pourquoi ce rejet catégorique d’une possible erreur de laboratoire? Si tel est réellement le cas, qui sera tenu pour responsable et qui doit la réparer? De même, qui devra répondre au nom des peuples africains qui ont été de un, utilisé comme cobayes, et de deux, accusé d’être à l’origine du sida. Et ces centaines d’animaux massacrés qui endosse la responsabilité, quand on sait que tuer un seul écureuil dans certains pays peut conduire à une amende à faire regretter son existence? Pourquoi avoir choisi de mener ces expériences en Afrique? Les africains ont-ils sollicité ces expériences, ce massacre de leurs animaux et de les utiliser comme cobayes? Depuis que les problématiques typiquement africaines existent, le cas du paludisme qui tue des personnes en Afrique depuis belle lurette, qui s’est levé pour en rechercher un vaccin?
Au regard de ceci, il apparaît comme si les africains étaient conduits dans un tribunal de la raison dont ils ne maîtrisent ni les jurys, ni la loi et encore moins les avocats comme en parle Bruno Latour (2005) dans son cinquième chapitre du livre Science en action. Les africains semblent donc surveiller dans leurs moindre faits et gestes pour être punis, comme si les fléaux dont ils ont toujours été victimes (traite négrière, colonisation, dictature, famines, guerres civiles, etc.) ne leur suffisaient pas et qu’il faille encore porter la responsabilité du sida. L’Afrique n’est-elle pas confinée dans un système disciplinaire? Ne subit-elle pas une sanction normalisatrice, selon les termes de Foucault (1975), sous l’effet d’un micropouvoir et d'un macropouvoir dont certains détiennent les ficelles et tiennent à tout prix à la maintenir sous son influence? Comment pourra-t-elle s’en défaire?

3-1-3-2 Les hypothèses portant sur l’origine naturelle humaine du virus du sida

Ces hypothèses sont de deux types : celle qui milite pour un virus existant de façon latente chez l’humain et celle qui milite en faveur d’un virus crée par mutation des cellules humaines.
• L’hypothèse qui milite pour un virus existant de façon latente chez l’humain Celle-ci estime que le virus a toujours existé de façon latente chez l’être humain mais qu’il serait devenu virulent en raison de certains co-facteurs possibles. En effet, il existerait dans le génome humain des rétrovirus endogènes, "virus endormis" présents de façon naturelle à des milliers de copies et inoffensifs pour l’individu. Ainsi, certains des co-facteurs auraient pu rendre virulent le VIH en favorisant des mutations au sein de son code génétique. Cette hypothèse considérée d’autant plus possible que l’on sait que le VIH est une des cellules ayant le plus de capacités à muter et qu’à ce jour, il existe plus de 200 souches différentes du virus.
• L’hypothèse qui milite en faveur d’un virus crée par mutation des cellules humaines Cette hypothèse proche de la précédente stipule que le VIH n’aurait pas toujours existé, mais que des mutations survenues sur un autre rétrovirus à A.R.N., dont la famille comprend le VIH, lui aurait donné naissance. En effet, selon les défenseurs de cette thèse, de nombreuses cellules, notamment humaines, contiennent dans leur code génétique des séquences incomplètes de rétrovirus; ces séquences ne codent à priori pour aucune fonction donnée. Certains ont alors émis l’hypothèse que, sous l’action de co-facteurs, ces séquences rétrovirales auraient pu s’autonomiser pour devenir des rétrovirus à part entière.
Selon cette même source, l’analyse génétique entre le VIH-1 et le VIH-2 montre un degré important de divergence entre ces deux virus, ce qui rend peu probable l’hypothèse d’un virus apparu récemment. Pour ces auteurs, les analyses génétiques ne seraient pas en faveur du passage récent d’un virus animal, comme le VIS du singe à l’humain. Cependant, pour eux, aucune explication ne permet, actuellement, d’expliquer pourquoi cette épidémie est apparue en 1981.
Concernant les co-facteurs à l’origine des mutations évoquées plus haut, il s’agirait des modifications des comportements sexuels dans les années 1950-1970, de la liberté de mœurs, de certains vaccins en particulier certaines campagnes de vaccination faites aux Etats-Unis dans les années 1978-1980 dans les communautés homosexuelles, etc. Lesquelles modifications seraient particulièrement intenses aux USA (notamment à San Francisco). Ce qui expliquerait pourquoi la communauté homosexuelle a été aussi touchée par le sida dans ce pays premièrement. À la suite de cette apparition, les facteurs sociaux tels que la possibilité de déplacement en Afrique, la liberté de mœurs, l’usage de seringues, etc. seraient à la source de la propagation de la maladie.
Comme nous venons de le souligner, l’origine naturelle humaine du virus s’articule autour de deux hypothèses, celle d’un virus existant de façon latente chez l’humain et celle d’un virus créé par mutation des cellules humaines. Ces deux hypothèses soulèvent certaines interrogations. Si le virus existait de façon latente chez l’humain, pourquoi c’est seulement à partir de 1981 que se déclenche l’épidémie du Sida? Par ailleurs, comment comprendre le rôle des co-facteurs évoqués dans le déclenchement de la virulence du virus alors que certains d’entre eux ont toujours existé ou avaient déjà existé à certaines périodes de l’histoire humaine? Nous citerons en exemple certains livres de la Bible, tels Lévitique, Proverbes ou les deux livres de Samuel, qui évoquent déjà, depuis l’antiquité, l’existence de certains comportements sexuels considérés comme déviants (homosexualité, exhibitionnisme, fétichisme sexuel, travestisme, inceste, sadomasochisme, voyeurisme, zoophilie) ou même à l’époque de Socrate et Platon où le maître pouvait entretenir des rapports homosexuels avec ses disciples. Pourquoi la pandémie du sida n’est pas signalée à ces époques puisque toutes les conduites sexuelles s’écartant des normes sociales et faisant partie des modifications de comportement étaient présentes? S’agit-il comme le préconisent les chercheurs de l’ajout des drogues? Et même l’utilisation des drogues n’est pas un phénomène qui date d’hier. En privilégiant l’argument de co-facteurs à l’origine de la virulence du virus ou de ses multiples mutations, les défenseurs de ces hypothèses ne s’attaquent-ils pas ou ne s’adressent-ils pas à des groupes bien spécifiques, tels les lobbies homosexuels?
Enfin, selon Peter H. Duesberg et Bryan J. Ellison (2006, en ligne), la plupart des défenseurs de l’origine naturelle humaine du Sida ainsi que d’autres sceptiques de l’origine virale de cette maladie préfèrent généralement ne pas être cités, redoutant la perte de leurs subventions de recherche ou la désapprobation de leurs pairs et paires. L’inattention des médias a d’ailleurs largement contribué à occulter leurs points de vue qui restent ceux d’une minorité de chercheurs et chercheuses.

3-1-3-3 La théorie iatrogène ou l’origine politico-scientifique du virus du sida

La théorie iatrogène stipule que le virus du sida, et celui d’ébola, ont été produit artificiellement et l’intention d’exterminer les populations a motivé leur propagation (Docteur Léonard Horowitz, 2001). Ce virus redoutable serait ainsi «intentionnellement injecté à certaines populations pour provoquer une endémie» (Horowitz, 2001). Mais pour quelles raisons cette fameuse maladie a-t-elle été fabriquée puis inoculée de façon légère à des populations ciblées ? Parlerait-on de recherche médicale ou de génocide ?
Pour le Dr Horowitz , le VIH serait fabriqué volontairement comme arme biologique en vue d’exterminer silencieusement les races jugées inférieures, inutiles, voire improductives et dont la barbarie latente empêcherait les grandes puissances occidentales d’exploiter les ressources minières des territoires habités par ces derniers (notamment les peuples africain et asiatique).
D’après une enquête menée dans le milieu américain et citée par le Dr Horowitz à la 11ème conférence internationale du sida tenue en 1996 à Vancouver (Canada), 65% des Noirs Américains croient que le Sida est peut-être un génocide déguisé, voire perpétré par les Etats-Unis pour des intérêts économiques (Ababcar Fall Barros, 2003). Cette thèse est partagée par le père Georges (2003) qui est chercheur à l’université Guadalajara au Mexique. Il déclare que : «le virus du Sida à été créé par les Américains pour éliminer les populations des pays pauvres, sous prétexte qu’elles sont nombreuses». Ces populations nombreuses constitueraient, d’après certains scientifiques et hommes politiques américains une «bombe démographique» qui ravagerait et épuiserait les ressources de la planète.
Les américains «prétendaient que si l’humanité ne ramenait pas ses taux de croissance à zéro particulièrement dans les pays en voie de développement, alors l’humanité était condamnée». Une telle politique américaine néo-malthusienne de contrôle des populations menée dans les pays du Tiers monde, ne devrait-elle pas avoir comme cause cachée la volonté de la part des américains de maintenir leurs accès aux matières premières bon marché, et d’éviter que tout pays sous-développé ne devienne une puissance mondiale avérée ? Si l’accroissement de la population des pays sous-développés est jugé apte à accroître leur pouvoir politique, économique et militaire régional et même mondial, la réduction de cette population dans ces États du Tiers-monde ne serait-elle pas pour les Etats-Unis, une question vitale pour leur sécurité nationale ? Autant de questions qui poussent d’aucuns, à l’instar du Dr Horowitz à penser, et à juste titre, que les américains seraient amenés à fabriquer le sida comme outil efficace de contrôle des populations du Tiers monde. D’ailleurs, dans le cadre de la recherche sur les armes biologiques au moment de la guerre froide, le savant français Bergers (1973) signalait avant l’apparition du Sida que : «On étudie dans le Dugway Ground dans l’Utah (USA) des armes qui me paraissent particulièrement révoltantes : des armes immunologiques. Ce sont des substances qui sont ni des virus, ni des microbes mais qui suppriment cette immunité et un pays peut être rapidement détruit ». Il serait donc possible que les ravages du sida soient la conséquence de la campagne de vaccination anti-variole menée par l’Organisation Mondiale de la Santé (OMS) à la fin des années 1970. Le nouveau virus aurait été mêlé au vaccin à titre expérimental dans le cadre d’une politique de dépopulation des pays à explosion démographique forte, préconisée par les dirigeants américains. Comment pourrait-on utiliser les vaccins classiques pour obtenir des effets abortifs et ainsi éliminer des peuples entiers à leur insu ?
L'hypothèse que le virus du sida ait une origine iatrogène avec l'intention d'exterminer les populations, serait liée, d’après l’auteur, au contexte socio-politique de l’époque et à la science militaire américaine. Pour lui, les activités de la C.I.A (Central Intelligence Agency) en Afrique, ses initiatives face aux menaces d'expansion du communisme, du nationalisme noir et des populations du tiers-monde seraient étroitement liées à cette cause. De même, des leaders politiques comme Dr Henry Kissinger, Conseiller en Sécurité Nationale, Franck Carlucci fils et Joseph Califano, Ministres de la Santé, de l'Education et des Affaires Sociales, les Présidents Richard Nixon et Gérald Ford, les Economistes Nelson et Laurence Rockefeller auraient joué un rôle majeur dans ce processus dont la mise en oeuvre, basée sur les motivations politiques, aurait utilisée les rouages administratifs. Cette hypothèse est également défendue par bien d’autres scientifiques et leaders mondiaux à l’exemple de la lauréate kényane 2004 du Nobel de la paix, Wangari Maathai (jeuneafrique.com). Pour quelle nécessité, le Dr Horowitz a-t-il mené ses recherches et tient-il à ce que cette hypothèse soit vulgarisé?
Pour Horowitz, «un des fondements de la médecine veut que le diagnostic soit posé avant d'établir un traitement». Les faits rapportés dans son livre, tous vérifiables, vérifiés et authentifiés, d’après lui, doivent servir à établir la responsabilité de l'homme dans l'apparition de ces virus et permettre ainsi une nouvelle orientation des recherches. Pour lui, il est important de savoir que quelqu’un manipule l’information pour nous tromper. Pour ainsi faire, les personnages, scientifiques et politiques, et les documents cités sont réels. Ces informations devraient être lues par des scientifiques et comprises par le public le plus large possible. À cette fin, les termes techniques sont expliqués et simplifiés.
D’après l’auteur, les médias informent abondamment, mais pas forcément dans une totale réalité, ni même une information complète, véridique et impartiale. D’où la publication de son livre pour tenter de répondre aux questions : Des armes biologiques destructrices du système immunitaire humain ont-elles bien été commandées de façon "officielle"? Des agents viraux ont-ils été produits délibérément par des laboratoires américains et testés en situation réelle sur des populations choisies? Ces agents viraux mortels ont-ils été disséminés au moyen de vaccins, utilisés sous couvert de campagnes de prévention, notamment en Afrique (pour la variole) et aux USA (pour l'hépatite)? Les réponses toutes affirmatives à ces interrogations reflètent les conséquences catastrophiques liées à l'organisation d'un tel système de décisions et à ses activités.
Dans cette optique le sida ne constituerait-il pas un grand frein au développement de l’économie des pays du tiers monde contrôlés, "disciplinés" en matière de politique démographique ? Comment sortir du sous-développement lorsqu’on sait pertinemment que les forces vives d’un tel espace géographique sont décimées dans la fleur de l’âge ? Qui va cotiser pour qui ? Nous savons aujourd’hui que les anti-viraux seraient financièrement rentables pour les industries pharmaceutiques constituées en puissant réseau contrôlant le monde, le sida ne serait-il pas un coup de ces puissantes firmes qui ont beaucoup à y gagner? Si non pourquoi ces firmes continuent à fabriquer les médicaments antiviraux alors que l’origine du fléau n’est pas encore déterminée? Pourquoi tant de secrets au tour du sida ?

3-2 Les hypothèses portant sur une origine non virale ou socioculturelle du sida

La thèse d’une origine non virale du sida est défendue par certains scientifiques sceptiques parmi lesquels Kary Mullis, Peter Duesberg et le Groupe de Perth . Pour eux, il n'existe pas de preuve formelle du lien entre le virus de l'immunodéficience humaine (VIH) et le Sida. De même, on peut noter que mille autres scientifiques de distinction ont signé une pétition demandant la réévaluation de l'hypothèse courante soit l’origine virale du sida contre cinq mille qui soutiennent la version d’une origine virale. En outre, un certain nombre de partisans des théories non virales est parfois accusés d'être des théoriciens de conspiration. Cependant, les positions non majoritaires n'approuvent nécessairement aucune croyance dans aucune conspiration, mais pensent simplement que les positions de majorité sont incorrectes, donc indigne d'une perspective scientifique .
Les théories avancées pour justifier une origine non virale du sida portent sur deux hypothèses : les facteurs liés aux conditions de vie et les croyances.
=== 3-2-1 Les hypothèses liées aux conditions de vie ===
D’après certains auteurs, le sida serait lié à l’agression du système immunitaire par des stupéfiants et autres drogues, par la pauvreté, la précarité, la malnutrition, etc. Des individus pouvant être exposés à des agressions immunitaires involontairement du fait de leurs conditions de vie, ou volontairement par leur choix de vie. Pour analyser cette piste sur l’origine non virale du sida à travers les mauvaises conditions de vie, nous nous appuierons sur le texte de Roberto Giraldo (2000), tiré de son site Internet. Mais qui est Roberto Giraldo, de quoi parle-t-il dans son texte et à qui s’adresse-t-il?
Roberto Giraldo est médecin de formation et spécialiste en maladies infectieuses et tropicales. Il travaille au laboratoire d’immunologie clinique d’un grand hôpital de New York aux États-Unis d’Amérique. Il est aussi chercheur indépendant sur le sida, auteur de nombreux articles sur cette question et d’un livre intitulé "AIDS and stressors" publié en 1998. Il fit également la découverte que le test Elisa VIH est, dans certaines conditions, positif pour tout le monde, prouvant par là que ce test ne peut pas être un signe d’une infection virale nouvelle. Enfin, il est président du "Groupe pour la réévaluation de l’Hypothèse VIH/SIDA". Dans le texte qui fait l’objet de notre analyse, on serait tenté de dire que l’auteur parle sous ses trois étiquettes ou responsabilités de président de ce groupe de recherche mais aussi de médecin-chercheur.
En faisant référence aux sources du domaine médical, notamment aux recherches des professeurs américain Robert Gallo et français Luc Montagnier, Roberto Giraldo semble remettre en cause l’origine virale du sida développée par les équipes de ces deux professeurs. A contrario, il met de l’avant l’origine non virale de la pandémie à travers les mauvaises conditions de vie (absence d’eau potable et d’installations sanitaires, misère, malnutrition, infections et parasitoses, etc.) qui seraient autant d’agressions immunologiques dont seraient victimes les populations, notamment d’Afrique, d’Asie et des Caraïbes. Selon Giraldo, le sida serait donc apparu dans la seconde moitié du XXe siècle, à un moment où le système immunitaire déjà détérioré des populations ne pouvait pas supporter davantage d’attaques et de dommages. Ainsi, le sida serait une sonnette d’alarme pour une espèce en danger. D’après cet auteur, si le sida s’est transmis au cours des dernières décennies dans le milieu homosexuel masculin en Occident, c’est parce que ce milieu est caractérisé par un mode de vie nouveau alliant l’usage de drogues à d'autres agents stressants pour l'immunité. C'est ce mode de vie, source de toutes sortes de facteurs immunosuppresseurs, et non pas l'homosexualité proprement dite qui cause le sida ; car d’après lui, «l'homosexualité a existé de tout temps. Par contre c'est à la fin des années soixante et début des années soixante-dix que des homosexuels masculins aux États-Unis et en Europe introduisirent drogues et aphrodisiaques dans leur mode de vie». D’où l’avènement du sida. D’autre part, ce qu'il y a de nouveau pour les hommes comme pour les femmes dans les pays pauvres d'Afrique, d'Asie et des Caraïbes, ce sont les conditions de vie désastreuses, jamais vues auparavant, qu'ils subissent involontairement, et que nous avons citées plus haut. Dans ces pays, les deux sexes sont exposés de la même façon à des facteurs stressants pour l'immunité. C’est pourquoi le risque du sida est égal pour les deux sexes. Ces propos de Roberto Giraldo appellent quelques commentaires. Les sources médicales auxquelles il se réfère semblent donner une certaine crédibilité à ses propos. De même en indexant l’Afrique, l’Asie et les Caraïbes, zones du globe terrestre très touchées par la pandémie du sida, mais aussi confrontées à la pauvreté et à la malnutrition, Roberto Giraldo semble établir une corrélation « évidente » entre ces deux phénomènes (sida et mauvaises conditions de vie). Toutefois, cette corrélation soulève beaucoup d’interrogations. Si la cause du sida serait liée aux mauvaises conditions de vie, pourquoi toute la planète, notamment les pays dits développés, toutes les instances (politiques, économiques…) ne s’attaquent-elles pas à la question de la pauvreté et du sous-développement? Par ailleurs, dans d’autres zones du globe (Amérique, Europe, Australie…), il y a des populations pauvres; pourquoi ces populations ne sont pas, autant qu’elles sont, victimes du sida? Enfin, comment établir le rapport entre ces « faits nouveaux survenus dans le milieu de vie des personnes » et les premiers cas dépistés de sida qui n’ont aucun lien avec la pauvreté et la malnutrition?
En somme, les propos de Roberto Giraldo attestent d’une véritable controverse et pourraient être situés et compris dans la querelle ou la confrontation entre les équipes de recherche sur la question du sida; une confrontation qui oppose les tenants de l’approche virale de l’origine du sida (dont les représentants sont les professeurs Gallo et Montagnier) et les défenseurs de l’approche non virale de l’origine de cette maladie qui s’organisent en équipes de recherche dont celle dirigée par Roberto Giraldo. Au-delà des oppositions entre chercheurs, cette confrontation scientifique ne serait pas sans lien avec les enjeux de pouvoir, les enjeux politiques, économiques, sociaux, etc. En effet, la concurrence entre scientifiques ou entre programmes de recherche se joue sur le terrain des subventions à obtenir auprès des instances publiques et privées. Elle se joue aussi sur le contrôle de la connaissance qui peut avoir des implications sur les orientations politiques, économiques et sociales des États. Par exemple, faire admettre que le sida serait dû à une origine virale conduirait à des politiques de financement des recherches sur la production de vaccins et tout autre moyen thérapeutique, sur les moyens de lutte contre toutes sortes de modes de transmission du virus, mais aussi à des politiques sur les possibles retombées de médicaments produits, etc. En revanche, considérer l’origine non virale du sida à travers les mauvaises conditions de vie impliquerait d’autres orientations (politiques, économiques…), à l’instar de la révision des politiques actuelles de lutte contre la pauvreté, politiques essentiellement basées sur des dons et qui ne parviennent pas à enrayer ce phénomène.

3-2-2 Les Hypothèses liées aux croyances

Dans la plupart des pays africains, voire dans les caraïbes, certains habitants desdits espaces géographiques soutiendraient l’existence du sida envoyé par Dieu ou causé par la sorcellerie.
En effet, d’aucuns croient que le sida serait une maladie envoyée par Dieu, comme la peste dont parlent les fables De La Fontaine, pour les pécheurs de la terre, en ce sens que la débauche a atteint son paroxysme. Cette opinion sur le sida considéré comme un fléau, une calamité qui ravage les populations, en particulier celles des pays du Tiers-monde, est vulgarisée par certains chanteurs africains comme Lwambo Makiadi Franco et Simaro du Congo belge, considéré comme épicentre du sida. Dans sa chanson Lwambo cité par Mbu (2007), s’interroge et s’exclame en ces termes : «D’où vient cette maladie, maman? Dieu nous envoie une calamité maman !». Simaro, cité par le même auteur, souligne que «le monde a beaucoup viré, nous commençons à reculer jusqu’aux temps de Sodome et Gomorrhe».
D’autres pensent que le sida serait une maladie imaginaire inventer de toute pièce par certains jaloux pour décourager les amoureux. D’après Mbu (2007) cette opinion qui tend à faire du chemin est nourrie surtout par le mauvais comportement de nombreux médecins, devenus obsédés sexuels, des coureurs de filles.
Nombreuses sont aussi des explications qui recourent aux croyances concernant les génies, les morts, les idoles et la sorcellerie, bien sûr. En Afrique subsaharienne en général et en particulier dans les milieux occupés par les populations bantoues (Gabon, Congo belge, Congo, République centre africain, etc.), la croyance dans la sorcellerie ou dans le pouvoir sorcier est très vivante. Elle fait partie d’une idéologie qui permettrait d’expliquer certains phénomènes incompréhensibles. Selon Tataya Lumbombo (2007), les populations bantoues soutiendraient l’existence du sida causé par la sorcellerie. Chez ces populations, relève l’auteur, on n’a pas peur d’attraper le sida par des voies scientifiquement reconnues mais plutôt par la sorcellerie. On voit la main du sorcier partout. Toute maladie a son origine qui est invisible, ténébreuse, nocturne (temps de l’activité des sorciers). Dans cette veine, souligne Mbu le sida serait pour lesdites populations, une maladie sans médicament, «une rivière que ne saurait remonter les pagayeurs», une œuvre des sorciers.
Contrairement à cette pensée, le Docteur Léonard Horowitz, comme nous l’avons déjà signalé, dans son article «Medical hypotheses» (2001), mentionne que le virus du sida est une création, voire une fabrication humaine volontaire, qui n’a rien à voir avec la conception des chrétiens qui pensent à un jugement de Dieu sur le péché, en l’occurrence certaines pratiques sexuelles considérées comme déviantes. Le sida, pour emprunter à Wangari, n’est pas une malédiction de Dieu contre les africains ou le peuple noir mais un "outil" destiné à les contrôler, conçu par certains scientifiques à l’esprit malfaisant et diabolique.

Conclusion

Au regard de tout ce qui précède, deux grandes remarques peuvent se dégager, concernant d’une part l’origine du sida et d’autre part, la conception de la science.
L’origine du sida semble toujours demeurer un phénomène très controversé, quoique moins médiatisé de nos jours. Il continue à donner lieu à moult hypothèses, sans toutefois avoir de confirmation avérée sur la source exacte de ce fléau, qui participe inéluctablement, à la dépopulation de certaines régions du monde. Par rapport à ce épineux problème, la science semble désarmée et les arguments scientifiques illusoires et même la scientificité des connaissances paraît remise en question. L’origine du sida est-elle naturelle, accidentelle ou iatrogène? Cette question demeure toujours un mystère malgré les arguments avancés par les uns et les autres pour justifier leurs hypothèses. Il s’agit là d’un véritable labyrinthe sans clôture qui mérite que l’on continue à faire des investigations.
Toutefois, pour emprunter au Docteur Horowitz, il est nécessaire de se demander si le sida ne servirait pas les intérêts idéologiques de certains groupes qui tendent à freiner le développement démographique de certaines populations dans cette période de transition globale de la planète. Le sida ne représenterait-il pas un puissant mécanisme de contrôle de revenus importants au service de certains intérêts sécuritaires nationaux de certaines organisations, institutions et industries, qui bénéficient directement de ce qu’il est convenu d’appeler «génocide mondial» ? Lesquels individus seraient les seuls à posséder la solution de cette énigme. Ne serait-il pas un accident que certains veulent à tout prix taire l’origine sous un flot de théories qui se contredisent entre-elles, cherchant par l’occasion à trouver un bouc émissaire en attribuant son origine à ceux que les érudits de cette humanité ont confiné sous le terme silencieux de "bannis" qui ne dit pas son nom?
Cependant, une question mérite d’être examinée dans un contexte scolaire où l’on accorde peu d’intérêt aux questions socialement vives, soit les controverses. Quel enseignement donné dans le cadre de l’origine du sida aux élèves? Outre ce thème actuellement controversée, toute la question de l’enseignement scientifique reste en cause. En effet, comment aborder les théories de façon générale dans l’enseignement scientifique au secondaire et au primaire lorsque nous nous rendons compte qu’il ne s’agit que des théories humaines donc loin d’être des vérités ontologiques à admettre comme parole d’évangile? D’où toute la question de l’épistémologie dans les cours de sciences aux niveaux précités.

Références bibliographiques :

Abderrazk, (S.N.). Info-Sida.ch : Le Groupe Sida Neuchâtel (GSN). (En ligne) http://www.info-sida.ch/. Page consultée le 8 novembre 2006.
Altmann, D. (1982). The Homosexualisation of America, New York. (En ligne) http://www.ettl.co.at/unification/french/misc/hom.html#fn1. Page consultée le 22 novembre 2006.
Altman, L. K. (1983). «AIDS Now Seen as a Wordwide Health Problem», in New York Time du 29 novembre 1983.
Armstrong, J. L. (1989). «Causal explanations of Aids» in Eric T. Juengst et Barbara A. Koening, The Meaning of AIDS: Implications for Medical Science, Clinical Practice, and Public Health Policy. New York: Praeger. Bialy, H. (2003). Controversy. Virusmyth, a rethinkinf aids website. (En ligne) http://www.virusmyth.com/aids/controversy.htm page consultée le 6 décembre 2006. Cohn, V. (1983). «Africa may be the origin of AIDS Disease», in Washington Post du 27 novembre 1983.
Collins, H. et Pinch, T. (2001). Les nouveaux frankenstein. Paris : Flammarion.
Dorlan’s illustrated Medical Dictionnary (1988), 27e édition. Philadelphia : Saunders Company.
Duesberg, P. H. et Ellison, B. J. (2006). «Le virus du sida relève-t-il de la science-fiction?». (En ligne) http://www.subversiv.com, page consultée le 08 novembre 2006.
Epstein, S. (2001). Le virus est-il bien la cause du sida ? Histoire du sida 1. Paris : Le Seuil.
Fall-Barros, A. (2003). Le sida est un génocide perpétré par les Etats-Unis. (En ligne) http : //www.tchadforum.com/?page=article_item&aid=116. Page consultée le 27 décembre 2006
Foucault, M. (1975). Surveiller et punir. Saint-Armand : Bussière.
Fountain, R. (2006). La grille d’analyse "Sociologics". In Analyse de controverses en éducation. Notes de cours. Québec : Université Laval.
Fourez, G., Englebert, V. et Mathy, P. (1997). Nos savoirs sur nos savoirs. Un lexique d’épistémologie pour l’enseignement. Paris, Bruxelles : De Boeck & Larcier.
Grmek, M. (1989). Histoire du sida. Paris : Payot.
Giraldo, R. (2000). L’origine de la transmission du sida. (En ligne) http://perso.orange.fr/sidasante/critique/crigiral.htm. Page consultée le 22 novembre 2006.
Horaud, F. (2000). La pandémie du sida a-t-elle une origine iatrogène ? En marge du livre de E. Hooper, The River: a journey to the source of HIV and Aids. (En ligne) www.john-libbey-eurotext.fr/fr/revues/bio_rech/vir/e-docs/00/03/F8/E1/resume.md?type=text.html. Page consultée le 22 novembre 2006.
Horel, S. et Champpell, P. (2004). «Les origines du sida ». (En ligne) http://contrecourant.france2.fr/article.php3?id_article=169. Page consultée le 24 novembre 2006.
Horowitz, L.G. (2001). Emerging viruses :ADS & Ébola, Nature, Accident or Intentional? Sandpoint, ID: Tetraheron Publishing group, (Spring). (En ligne) Http://www. Prohecyandprepareness.com/Article2.htm
Institut de Recherche pour le Développement (IRD) (2003). Fiche scientifique n° 176 : Découverte de l’origine du virus de l’immunodéficience simienne chez le chimpanzé. (En ligne) http://www.ird.fr/fr/actualites/fiches/2003/fiche176.htm. Page consultée le 8 novembre 2006.
Kerviel, S. (2004). Un documentaire sur « les origines du sida » suscite une polémique; La thèse du film diffusé sur France 2 est contestée in Le Monde. (En ligne) http://www.aidsorigins.com/content/view/78/28/ Page consulté le 8 novembre 2006.
Larochelle, M. (2006). Guide pour l’analyse épistémologique (document 9). In Recueil de textes du cours Épistémologie et éducation. Québec : Université Laval.
Latour, B. (2005). La science en action : Introduction à la sociologie des sciences. Paris : La Découverte.
Le petit Larousse illustré (2007). Paris : Éditions Larousse.
Lumbombo, T. (2000). Croyances populaires concernant les épidémies chez les Humbu, Hungana, Mbala, Ngongo et Yansi. (En ligne) www.ceeba.at/croy/croy_populaires_sida.htm. Page consultée le 12 janvier 2007.
Mbu Mputu, N. (2000). Opinions populaires sur l’origine du sida. (En ligne) www.ceeba.at/croy/croy_populaires_sida.html. Page consultée le 12 janvier 2007. Sünder, R. (S.D.). «Ce virus existe-t-il?». (En ligne)

Publié dans SCANDALES SANITARES

Commenter cet article